
Tourbillons d’une violence inouïe, les tornades (ou « trombes » si le phénomène se forme sur l’eau) sont considérées comme les phénomènes météorologiques les plus dangereux de la planète. Si en cette période de l’année les phénomènes atmosphériques (dépressions, tempêtes tropicales, ouragans) sont scrutés avec attention, prévoir l’apparition d’une tornade s’avère très compliqué. En effet, outre la complexité de leurs mécanismes de formation, leur déplacement aléatoire et leur durée de vie très courte rendent les prévisions quasiment impossibles. Dans le cas des tornades, les analyses des météorologues s’apparentent dès lors beaucoup plus à des prédictions qu’à des prévisions.
Ce sont tous ces éléments qui expliquent que lorsqu’une tornade apparaît, la population n’a jamais le temps de réagir de façon appropriée, et ne fait que subir le phénomène. Détruisant tout sur son passage, cet aléa est redouté à travers le monde, et particulièrement aux Etats-Unis dans les états du Texas, du Kansas, de l’Arkansas, de l’Oklahoma et du Nebraska.
Un mode de formation unique
Si la Caraïbe connait chaque année de nombreux aléas météorologiques (ondes tropicales, dépressions et tempêtes tropicales, ouragans, etc.), la probabilité qu’une tornade affecte la région est quasiment nulle ; cela s’explique par ses modalités de formation. En effet, trois caractéristiques principales doivent impérativement être réunies simultanément : une température très élevée (généralement supérieure à 40 degrés Celsius), la présence de vastes surfaces planes (des plaines surchauffées s’étendant sur plusieurs centaines de kilomètres), ainsi qu’une arrivée d’air froid provenant de zones situées en hauteur (une montagne ou un haut plateau, par exemple). En se mouvant sur le sol, l’air froid repousse alors l’air chaud en altitude ; ce dernier se refroidit, se condense, et forme alors des cellules pluvio-orageuses sous lesquelles des tornades peuvent potentiellement se former, si les vents chauds ascendants rencontrent des vents cisaillant. Il s’agit de vents se déplaçant en sens contraire susceptible de former le mouvement tourbillonnaire si caractéristique des tornades.
Ces conditions météorologiques si particulières ne se rencontrent que sur les territoires continentaux ; c’est ce qui explique que la Caraïbe insulaire soit épargnée par cet aléa.
La « Tornado Alley »
Si la plupart des pays continentaux peuvent potentiellement être affectés par des tornades, c’est aux Etats-Unis qu’est recensé chaque année le plus grand nombre de phénomènes. Il existe même une région, nommée « Tornado Alley » (littéralement : le couloir des tornades), où on dénombre chaque année 700 à 1200 tornades.
Aux Etats-Unis, la saison des tornades commence dès le printemps ; le mois de mai est celui qui en compte généralement le plus grand nombre, mais la population demeure sous la menace de cet aléa jusqu’à la fin du mois de septembre.
Pour évaluer la vitesse des vents d’une tornade, les experts utilisent l’échelle de Fujita ; mise au point au début des années 1970, cette dernière compte 6 classes : de F0 à F5 (la classe F5 mesurant des vents de plus de 320 km/h). Aujourd’hui les tornades tendant à se renforcer, cette échelle a été modifiée et compte désormais 13 classes (de F0 à F12), sachant que la dernière classe (F12) mesure des vents dépassant 780 km/h. Bien que de telles vitesses semblent irréelles, des capteurs placés au sein des tornades ont déjà mesuré des rafales de plus de 750 km/h.
Une inégalité face au danger
Savoir réagir face à une tornade s’avère vital pour les populations qui y sont confrontées.
Tout comme les alertes cycloniques, il existe des consignes de sécurité à respecter en cas de tornades ; par exemple, ouvrir les portes et les fenêtres de son domicile pour éviter les phénomènes de surpression et limiter ainsi son implosion, se tenir loin des ouvertures (portes et des fenêtres), descendre au sous-sol (quand on en dispose) et se placer sur le sol en position fœtale en prenant soin de se recouvrir d’une couverture épaisse ou molletonnée, s’allonger dans une baignoire en se recouvrant d’une couette, etc.
Des normes de construction existent aussi, tout comme est recommandée la construction d’abris anti-tornades (abris généralement souterrains). Malheureusement, en raison de leur coût, seules les populations les plus aisées peuvent se les offrir, ce qui sous-tend une inégalité flagrante face au danger…
Le climat étant amené à évoluer au cours des 80 prochaines années, il convient de rester vigilent car des phénomènes qui ne nous intéressent pas directement aujourd’hui, pourraient potentiellement nous être beaucoup plus familiers d’ici quelques années. A suivre donc…



