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Des recettes stables, des dépenses en hausse : l’épargne communale recule en Martinique

Les communes martiniquaises continuent de dégager une épargne positive, mais celle-ci a diminué de 14,5 % en 2025. Selon l’Observatoire des communes de Martinique publié par l’Agence française de développement (AFD), cette évolution contraste avec un endettement qui demeure globalement maîtrisé.

Établi à partir des comptes 2025 des 34 communes de l’île, le rapport met en évidence un déséquilibre croissant entre l’évolution des recettes et celle des charges courantes. Si la situation financière d’ensemble reste favorable selon l’AFD, les marges disponibles pour faire face aux futurs besoins des collectivités se réduisent.


Des dépenses en hausse face à des recettes stables

En 2025, les recettes de fonctionnement des communes martiniquaises atteignent 1 858 euros par habitant, un niveau pratiquement inchangé par rapport à 2024 (-0,1 %). Dans le même temps, les dépenses courantes progressent de 1,6 %, pour s’établir à 1 697 euros par habitant.

Cette évolution s’explique notamment par la hausse de certains postes de dépenses. Les frais de personnel, qui représentent près de deux tiers des charges de fonctionnement, augmentent de 2 % sur un an. Ils atteignent 1 084 euros par habitant.

Les achats et charges externes progressent également de 3,5 %, à 270 euros par habitant. Ce poste regroupe notamment les dépenses d’énergie, d’entretien, de fournitures et de prestations nécessaires au fonctionnement quotidien des services municipaux.

Du côté des ressources, les communes restent largement dépendantes des recettes fiscales. Les impôts et taxes représentent environ trois quarts de leurs recettes de fonctionnement. L’octroi de mer occupe une place importante dans cet ensemble, avec 714 euros par habitant en 2025, soit une progression de 2,8 %.

Ces données montrent que les charges de fonctionnement augmentent alors que les ressources courantes évoluent peu. Une situation qui pèse directement sur la capacité des collectivités à dégager de l’épargne.

Une capacité d’épargne qui se réduit

L’épargne brute des communes martiniquaises s’établit à 161 euros par habitant en 2025, en baisse de 14,5 % sur un an. Elle correspond à la différence entre les recettes de fonctionnement et les dépenses courantes, une fois notamment les salaires, les achats et les charges des services municipaux pris en compte.

Cette somme constitue un indicateur essentiel de la santé financière des collectivités. Elle permet notamment de contribuer au financement des équipements publics et de faire face aux engagements financiers.

En Martinique, les communes continuent donc de dégager un excédent de fonctionnement. Toutefois, celui-ci représente désormais environ 9 % de leurs recettes courantes. Autrement dit, pour 100 euros perçus, elles conservent près de 9 euros d’épargne brute.

La comparaison territoriale met également en évidence des écarts. En France hexagonale, l’épargne brute des communes atteint 224 euros par habitant en 2025, contre 161 euros en Martinique. En Guadeloupe, elle s’établit à 213 euros, tandis qu’elle atteint 165 euros à La Réunion.

Ces différences doivent néanmoins être appréciées au regard des caractéristiques et des charges propres à chaque territoire.

Pour les communes martiniquaises, le recul de l’épargne réduit les ressources qu’elles peuvent mobiliser directement pour leurs futurs projets. Il ne signifie pas pour autant qu’elles rencontrent toutes les mêmes difficultés financières, les données de l’Observatoire présentant une situation agrégée.

Une dette encore contenue à l’échelle du territoire

Malgré cette diminution de l’épargne, l’endettement des communes martiniquaises demeure globalement maîtrisé, selon l’AFD.

Fin 2025, leur dette cumulée atteint 325 millions d’euros, soit quatre millions d’euros de moins qu’en 2023. Cette évolution s’accompagne d’une capacité théorique de désendettement évaluée à 5,5 ans.

Cet indicateur mesure le nombre d’années nécessaires pour rembourser la totalité de la dette si une collectivité consacrait chaque année l’intégralité de son épargne brute à cet objectif. Il permet d’apprécier le poids de l’endettement par rapport aux ressources dégagées.

Avec un ratio de 5,5 ans, les communes martiniquaises restent nettement en dessous du seuil d’alerte de 12 ans retenu dans l’Observatoire. Le rapport ne relève ainsi aucun signal global préoccupant concernant leur endettement en 2025.

Cette situation ne signifie toutefois pas que toutes les municipalités disposent des mêmes marges de manœuvre. Leur capacité à emprunter ou à financer de nouveaux équipements dépend notamment de leurs recettes, de leurs charges et des engagements déjà contractés.

À l’ouverture de la nouvelle mandature municipale, l’évolution de l’épargne constituera donc un indicateur à suivre.

Les prochains exercices budgétaires permettront de déterminer si les communes parviennent à stabiliser leurs dépenses courantes et à préserver leur capacité financière, tout en répondant aux besoins du territoire.


Source: AFD – Observatoire des communes de Martinique 2026

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