
Trois ans après l’inscription de la Montagne Pelée et des Pitons du Nord au patrimoine mondial de l’UNESCO, le comité de gestion a approuvé, le 16 octobre 2026 à Saint-Pierre, un scénario d’évolution de la gouvernance du bien. Plusieurs projets de valorisation, dont la reconstruction du site de l’Aileron, ont également été examinés.
Réunis au Centre de découverte des sciences de la Terre (CDST), les partenaires ont abordé l’organisation future du site et l’accueil des visiteurs, dans un contexte de suivi des engagements de conservation pris depuis 2023.
Une nouvelle gouvernance encore à préciser
L’approbation d’un scénario de gouvernance constitue la principale décision annoncée à l’issue de cette réunion. Selon la Direction de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DEAL), les membres du comité ont validé une orientation destinée à faire évoluer l’organisation de la gestion du bien.
Actuellement, le dispositif repose sur le Parc naturel régional de la Martinique (PNRM), qui dirige la structure de gestion dans le cadre d’une maîtrise d’ouvrage déléguée par la Collectivité territoriale de Martinique (CTM). Il associe également l’Office national des forêts (ONF) et les services de l’État.
Le contenu du nouveau scénario n’est toutefois pas détaillé dans la communication de la DEAL. Les éventuelles modifications dans la répartition des responsabilités, les moyens mobilisés et le calendrier de mise en œuvre restent donc à préciser.
L’enjeu dépasse la seule organisation institutionnelle. La gestion du bien doit assurer la coordination des différents acteurs chargés de sa protection, tout en accompagnant les projets d’aménagement et les activités autorisées sur ce territoire.
L’Aileron et les accès au site au cœur des projets de valorisation
La réunion a également permis d’aborder l’avenir du site de l’Aileron, situé sur les pentes de la Montagne Pelée. Le PNRM souhaite engager sa reconstruction afin d’améliorer les conditions d’accueil des visiteurs et la valorisation de ce secteur du massif.
Le projet reste néanmoins peu documenté à ce stade. La DEAL ne communique ni le programme précis des aménagements envisagés, ni leur coût, ni le calendrier prévisionnel des travaux.
Au-delà de l’Aileron, le comité a examiné une stratégie de valorisation des « portes d’entrée » du bien UNESCO. Ces espaces doivent permettre de mieux faire découvrir les paysages, les caractéristiques naturelles et les richesses patrimoniales du territoire.
Le choix d’une identité visuelle commune a également figuré parmi les sujets abordés, sans précision sur les modalités de son déploiement.
Ces différentes orientations soulèvent une question centrale pour la gestion du patrimoine mondial : comment améliorer les conditions de découverte des sites tout en maîtrisant les effets de leur fréquentation sur les milieux naturels ?
Des engagements de conservation suivis par l’UNESCO
Inscrits au patrimoine mondial depuis 2023, les volcans et forêts de la Montagne Pelée et des Pitons du Nord couvrent 13 980 hectares. Cette reconnaissance, fondée sur la richesse volcanologique et la biodiversité du territoire, s’accompagne d’exigences de conservation.
En juillet 2026, le Comité du patrimoine mondial a salué les avancées de la France en matière de protection du bien, notamment les démarches réglementaires concernant les géosites et l’extension envisagée de la réserve biologique intégrale des Pitons du Carbet.
Le rapport d’état de conservation examiné en 2026 identifie neuf géosites dans la zone tampon susceptibles d’être protégés par arrêté préfectoral.
Il évoque également un projet d’extension de la réserve biologique intégrale, dont la superficie passerait de 3 842 à 6 778 hectares. L’achèvement de ces procédures n’est toutefois pas confirmé à ce stade.
L’UNESCO demande par ailleurs à la France de signaler toute difficulté susceptible de retarder ou de modifier ces mesures.
Les orientations du comité de gestion devront ainsi concilier les projets de valorisation avec la protection des habitats, des formations géologiques et des espaces forestiers, notamment face aux effets possibles de la fréquentation touristique sur les secteurs sensibles.
Dix-huit sites géologiques présentés au public
La transmission des connaissances constitue un autre volet de cette démarche. À l’occasion de la réunion du comité, une exposition consacrée au patrimoine géologique de la Montagne Pelée a été présentée au CDST, à Saint-Pierre.
Réalisée à l’initiative du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) et de la DEAL, elle met en lumière 18 sites géologiques et les phénomènes naturels qui ont contribué à façonner les paysages du volcan.
Accueillie au CDST pendant près de deux mois, l’exposition doit permettre au public de mieux comprendre les relations entre l’histoire géologique du territoire, ses écosystèmes et les activités humaines. Une présentation itinérante est également envisagée afin d’élargir l’accès à ces connaissances.
Cette initiative complète les réflexions sur l’accueil des visiteurs en faisant de la sensibilisation un outil de préservation du patrimoine naturel.
Trois ans après l’inscription au patrimoine mondial, la gestion du bien entre ainsi dans une nouvelle étape d’organisation et de valorisation.
La portée concrète des orientations adoptées dépendra désormais de leur traduction en dispositifs opérationnels, de la précision des projets annoncés et de la poursuite des engagements de conservation.
Source: DEAL from Martinique



