
La Martinique abrite l’une des biodiversités les plus riches de la Caraïbe, avec une flore de près de 3 000 espèces et une faune endémique d’une grande singularité. Mais cette richesse est sous pression. Parmi les menaces les plus documentées figure l’invasion d’espèces exotiques envahissantes (EEE), qui comptent aujourd’hui parmi les premières causes d’érosion de la biodiversité mondiale — et la première cause documentée de disparition d’espèces selon l’UICN. En Martinique, environ la moitié des espèces végétales présentes sont d’origine exotique, dont plus d’une centaine classées comme envahissantes.
Un fléau aux multiples visages
Sur le plan végétal, des espèces comme le Miconia calvescens — surnommé « cancer vert » en Polynésie pour sa capacité à former des couverts monospécifiques — ou la jacinthe d’eau qui colonise rivières et retenues constituent des menaces majeures pour les habitats indigènes. La DEAL Martinique a mis à jour en 2025 son guide des espèces alternatives pour les aménageurs, visant à promouvoir la flore native. Côté faune, la petite mangouste indienne, introduite au XIXe siècle pour lutter contre les rongeurs, s’attaque aujourd’hui aux pontes de trois espèces de tortues marines protégées : la tortue luth, la tortue imbriquée et la tortue verte.

Le projet REFEM : mieux connaître pour mieux protéger
Lancé en juillet 2024 pour une durée de deux ans, le projet REFEM — porté par l’Office français de la Biodiversité (OFB) et l’ONF, avec le soutien financier de la Française des Jeux — vise à mieux comprendre la présence des vertébrés exotiques envahissants au cœur de la Montagne Pelée et des Pitons du Carbet, site qui couvre près de 140 km² de forêt endémique. Le Parc Naturel Régional de Martinique (PNRM) a pour sa part déployé une brigade dédiée à la lutte contre les EEE prioritaires, ciblant notamment le Miconia calvescens et l’iguane rayé, dont l’impact sur les espèces endémiques est avéré.
En bref :



