
Depuis le 1er janvier 2026, les consignes de tri ont changé en Martinique. Tous les emballages et papiers peuvent désormais être déposés dans le bac ou les bornes jaunes, y compris les pots de yaourt, les films plastiques ou encore certaines barquettes auparavant exclues. Mais une fois collectés, ces déchets ne sont pas entièrement traités sur l’île. La Martinique a retenu une organisation transitoire jusqu’en 2030, avec une partie du tri réalisée localement avant un acheminement vers l’Europe.
Un geste de tri simplifié depuis janvier 2026
L’extension des consignes de tri concerne depuis le début de l’année l’ensemble des emballages et papiers. Bouteilles et flacons en plastique, emballages métalliques, cartons, mais aussi pots de yaourt, films plastiques et barquettes peuvent désormais rejoindre le même flux de collecte sélective.
L’objectif est d’augmenter les quantités de matières recyclables collectées et de mieux connaître les gisements disponibles. L’enjeu est particulièrement important dans les territoires ultramarins, où les volumes restent inférieurs à ceux observés dans l’Hexagone.
L’ADEME indique qu’en 2023, la moyenne des emballages collectés atteignait 23,1 kg par habitant en Outre-mer, contre 73,9 kg par habitant dans l’Hexagone. Ce chiffre constitue toutefois une moyenne ultramarine et ne correspond pas spécifiquement à la Martinique.
Une solution transitoire jusqu’en 2030
Pour accompagner cette évolution, la Martinique a choisi de moderniser son centre de tri existant plutôt que de construire immédiatement un nouvel équipement.
Selon l’ADEME, cette solution doit permettre d’observer l’évolution réelle des volumes collectés après l’élargissement des consignes. Opérationnel depuis janvier 2026, le centre doit traiter jusqu’en 2030 différents flux, notamment les matières fibreuses, l’acier, l’aluminium ainsi que les plastiques rigides et souples.
Cette période doit servir à préciser les besoins futurs du territoire. L’augmentation des quantités déposées dans les bacs jaunes peut en effet modifier l’organisation de toute la chaîne, depuis la collecte jusqu’au traitement.
Le choix martiniquais est donc, pour l’instant, celui de l’adaptation : tirer parti des installations existantes tout en mesurant l’impact concret des nouvelles consignes avant de décider d’un investissement plus lourd.
Le tri se poursuit hors de Martinique
Le passage par le centre martiniquais ne constitue pas la dernière étape. Après ce premier traitement, les flux doivent être acheminés vers un centre de sur-tri en Europe, indique l’ADEME.
Cette organisation illustre l’une des difficultés récurrentes de la gestion des déchets dans les territoires ultramarins. Les volumes disponibles à l’échelle d’une île peuvent être insuffisants pour justifier la création de certaines installations spécialisées.
À cela s’ajoutent l’éloignement géographique, les contraintes de transport et un niveau d’équipement qui ne permet pas toujours de traiter localement l’ensemble des matières.
Le magazine de l’ADEME souligne plus largement que les petits gisements constituent l’un des principaux obstacles au développement de filières locales pour les déchets relevant de la responsabilité élargie du producteur.
Dans plusieurs cas, les matières doivent encore être exportées vers l’Hexagone ou vers d’autres pays avant d’être recyclées ou valorisées.
Pour la Martinique, le développement du tri ne règle donc pas à lui seul la question du devenir des emballages. Il permet en revanche de mieux identifier les quantités disponibles et de déterminer si des solutions locales peuvent devenir techniquement et économiquement viables.
Faut-il un nouvel équipement après 2030 ?
C’est précisément l’une des questions auxquelles les prochaines années devront répondre. Une étude financée par l’ADEME est en cours afin d’éclairer la stratégie de gestion des flux après 2030 et d’évaluer la nécessité de construire un nouvel équipement.
La publication ne précise ni le calendrier de cette étude, ni son coût, ni la capacité que pourrait avoir un éventuel futur centre. Aucun scénario définitif n’est donc présenté à ce stade.
L’évolution des volumes collectés sera déterminante. L’ADEME souligne d’ailleurs que les premières collectes suivant l’extension des consignes doivent permettre aux collectivités d’évaluer si les dispositifs actuels sont adaptés.
En fonction des résultats, plusieurs évolutions peuvent être envisagées : augmentation du volume des bacs, modification de la fréquence des tournées ou densification des bornes d’apport volontaire.
2026, une année d’observation
La nouvelle consigne de tri marque ainsi le début d’une phase plus large d’adaptation. L’enjeu ne sera pas seulement de collecter davantage, mais aussi de connaître avec précision la nature et le volume des matières récupérées afin de construire une organisation durable.
Jusqu’en 2030, la Martinique dispose d’une solution transitoire. À cette échéance, le territoire devra décider si les volumes collectés justifient un nouvel équipement et dans quelle mesure une part plus importante du traitement peut être réalisée localement.
Le bac jaune constitue donc la première étape d’une chaîne dont l’organisation future reste encore à définir.



