
Pour la première fois de son histoire, le Salon international de l’agriculture (SIA) devait accueillir une égérie ultra-marine mais c’était sans compter l’épidémie qui fait rage en métropole. A cause de la dermatose nodulaire, la vache Biguine ne pourra pas se rendre à Paris, au même titre que ses autres congénères.
La Martinique à l’honneur
Le choix de la vache Biguine comme égérie de cette édition 2026 traduit une reconnaissance de l’agriculture martiniquaise et une reconnaissance de la singularité de la race de vache Brahman. Cela devait être la « fierté […] des Outre-mer, des éleveurs, et de toute l’agriculture française », annonce Jérôme Despey, président du CENECA et du SIA, dans un communiqué.
Outre l’aspect communication, le choix de la vache Biguine était une véritable reconnaissance de la singularité de l’agriculture martiniquaise, par la mise en valeur de cette race de vache exclusivement présente à la Martinique et en Guyane. « La race Brahman est l’élevage de prédilection des régions tropicales. Elle symbolise une agriculture à la fois productive et durable, et contribue au développement d’une production bovine résiliente face aux changements climatiques. C’est une race passionnante, qui fait pleinement partie du patrimoine agricole français […] », témoigne son propriétaire, André Prosper.
Coup de tonnerre
La situation dans l’hexagone ne permet malheureusement pas de rassembler des bovins, au risque de développer davantage la maladie dans les différentes régions françaises, dans le sud-ouest, en Bretagne, dans le sud-est mais aussi dans les départements et territoires d’outre-mer. Face à cette situation, à la décision de l’abatage massif des troupeaux, les agriculteurs sont en révolte contre les pouvoirs publics, comme en témoigne les nombreuses manifestations et démonstrations de force des agriculteurs jusqu’à l’Arc de Triomphe au mois de décembre.
Pour les organisateurs du salon, interdire les bovins est un acte de raison mais ils appellent tout de même les visiteurs à venir y soutenir les agriculteurs. « Nous ne pouvions pas faire comme si cette situation n’existait pas. « En 2026, venir au Salon, c’est un geste clair de soutien envers les agriculteurs, les filières, et envers un Salon qui continue de jouer son rôle de lien entre l’agriculture et les Français », souligne Arnaud Lemoine, directeur du CENECA.
Quant à Biguine, elle est déjà arrivée en métropole au mois de décembre 2025 et même si elle ne participera pas au salon de l’agriculture, il est prévu qu’elle profite de son séjour pour transmettre sa génétique à une nouvelle génération de vaches Brahman.
S.D



