
Impôts, dotations de l’État, subventions… Les communes disposent de plusieurs sources de financement pour assurer leurs services publics et réaliser leurs projets. L’Observatoire des communes de Martinique 2024, publié par l’Agence française de développement (AFD), permet de mieux comprendre la répartition de ces ressources à partir des données financières de 2023.
Entre l’entretien des équipements publics, le fonctionnement des écoles, l’éclairage des rues et la réalisation de nouveaux aménagements, les communes doivent répondre à de nombreux besoins. Pour financer ces missions, leur budget distingue les dépenses courantes des investissements destinés à développer ou moderniser les infrastructures. Mais d’où proviennent leurs ressources et comment sont-elles utilisées ?
Des recettes principalement issues de la fiscalité
Les impôts et taxes constituent la première source de financement du fonctionnement communal. Selon l’Observatoire 2024 de l’AFD, ils représentaient 76 % des recettes de fonctionnement des 34 communes en 2023.
Pour 100 euros perçus, la répartition était la suivante :
- 76 euros provenaient des impôts et taxes ;
- 16 euros des dotations de l’État ;
- 5 euros des subventions reçues ;
- 3 euros d’autres recettes.
Parmi les ressources fiscales, l’octroi de mer occupe une place importante. Cette taxe représente près de la moitié des recettes issues des impôts et taxes communaux. Elle contribue ainsi, aux côtés de la fiscalité locale et des concours de l’État, au financement des services municipaux.
Au total, les recettes de fonctionnement atteignaient 1 768 euros par habitant en 2023.
Des dépenses consacrées aux services du quotidien
Les ressources communales servent d’abord à assurer le fonctionnement régulier des services publics. Elles couvrent notamment la rémunération des agents, les achats de fournitures, les dépenses énergétiques et l’entretien des équipements.
Toujours selon les données présentées par l’AFD, sur 100 euros de dépenses de fonctionnement en 2023, 64 euros étaient consacrés aux frais de personnel, 32 euros aux achats et charges externes et 4 euros aux autres dépenses.
Ces dépenses permettent notamment d’assurer l’entretien des bâtiments municipaux, l’éclairage public, le fonctionnement des équipements scolaires ainsi que les activités sociales et culturelles relevant des communes.
Elles représentent toutefois une part importante des budgets locaux. En 2023, les dépenses de fonctionnement s’élevaient à 1 614 euros par habitant.
L’épargne, un levier pour financer les équipements
Au-delà des dépenses quotidiennes, les communes doivent également mobiliser des ressources pour construire, rénover ou moderniser leurs équipements.
Pour cela, elles peuvent notamment s’appuyer sur leur épargne brute, qui correspond à la différence entre leurs recettes et leurs dépenses de fonctionnement. Cette capacité d’autofinancement constitue l’un des moyens de financer les investissements sans recourir systématiquement à l’emprunt.
En 2023, l’épargne brute des communes atteignait 154 euros par habitant, tandis que leurs dépenses d’investissement représentaient 326 euros par habitant.
L’épargne ne constitue cependant pas leur seule ressource. Les collectivités peuvent également mobiliser des subventions d’équipement, des dotations et des emprunts pour réaliser leurs projets.
Ces investissements concernent notamment la construction d’écoles, la rénovation de bâtiments publics, l’amélioration des infrastructures ou encore l’aménagement des espaces collectifs.
Dans son Observatoire, l’AFD souligne que, malgré l’amélioration des finances communales constatée en 2023, le niveau d’investissement demeurait relativement faible au regard des ressources disponibles. Le financement des équipements constitue ainsi un enjeu important pour répondre aux besoins des habitants et accompagner durablement le développement du territoire.
Données financières de l’exercice 2023 : AFD, Observatoire des communes de Martinique 2024



