
L’histoire des jardins de Macabou est l’histoire de la régénération d’un terrain lessivé par des décennies d’élevage intensif. Sur ce terrain, Céline a souhaité proposer une reconnexion de l’humain à la nature grâce à de nombreuses activités telles que l’agriculture, le volontariat ou des retraites. Situé sur un terrain isolé, les jardins de Macabou, représentent une belle opportunité de se reconnecter à la nature et un bel exemple d’économie circulaire et sociale.
Sortir des fantasmes et des peurs
La vie proche de la nature comporte de nombreux avantages mais peut aussi être sujet à de nombreuses projections idéalistes. « Il existe des fantasmes comme quoi, il va être possible de faire pousser des légumes facilement, qu’on pourra marcher pieds-nus et qu’il suffit d’un peu d’amour pour que les plantes poussent. Beaucoup de personnes arrivent avec des fantasmes de ce type », souligne Céline, à la tête des jardins de Macabou.
Pour d’autres, il s’agit de « réussir à dépasser ses peurs du milieu agricole, qui peuvent se traduire par une peur de l’isolement, la peur de la pénibilité du travail et la peur du manque de stimulation intellectuelle », complète-t-elle. A l’inverse,
« le fait de vivre la vie agricole permet de de se rendre compte que ce n’est pas du tout comme cela. Il existe une vie très créative avec beaucoup de possibilités d’imagination, de fantaisie et de sociabilité. »
Volontariat agricole
Les jardins de Macabou accueillent régulièrement des volontaires agricoles, notamment dans le cadre du WWOFING.
« Certaines personnes ont eu la chance de faire des études et d’évoluer dans un milieu très intellectuel mais arrivent, à l’issue de leurs études ou même après une carrière entière, avec un sentiment de dépendance, ils se sentent empotés parce qu’ils n’ont jamais appris à acquérir les savoir-faire qui sont essentiels à leur vie et à leur survie »,
nous décrit Céline.
« Savoir construire un abri, savoir planter quelques végétaux, reconnaître les plantes qui permettent de se nourrir et de soigner sont autant de savoir-faire utiles pour l’équilibre mental. »
Dans les premières années, les jardins de Macabou accueillaient des visiteurs rencontrés sur le marché du Vauclin.
« C’est une activité qui était intégralement tournée vers un public local, habitants du territoire, durant les 7 années de cette prestation baptisée « Visite & dégustation », l’objectif était la sensibilisation à l’environnement. »
L’humain dans la nature

« Beaucoup de personnes touchées par les questions d’écologie considèrent que l’humain représente un volet très négatif de la nature », explique Céline, alors qu’il s’agit plutôt d’un équilibre nécessaire entre les deux.
« Cela fait maintenant 3 ans que j’accueille des retraites au sein des jardins de Macabou ainsi que toute personne qui souhaite organiser des stages liés au soin : soin de l’eau, soin à la terre, soin à soi, soin par la musique ou encore par l’art. »
En ce moment, la peinture suédoise est à l’honneur, de même que la peinture à la farine, « qui permet de ne pas utiliser de peinture chimique », ajoute Céline.
L’humain est naturellement lié à la nature mais le fossé qui existe entre les deux est essentiellement « intellectuel », les jardins de Macabou sont représentatifs d’un type de lieu ou l’effort et la douleur ont été remplacés par le calme et le plaisir car le vivant est une « source d’inspiration immense », conclut-elle.
S.D



