
Les scientifiques déploient un nouvel outil dans les Antilles afin de cartographier les zones touchées par les pesticides. En croisant les données, le nouvel outil Agri-STAMP permet de mieux connaître le territoire et ses pollutions, afin de trouver de nouvelles solutions car protéger l’environnement signifie aussi protéger la santé humaine.
Le projet Agri-STAMP
Développé par le CIRAD, l’outil Agri-STAMP permet d’obtenir une cartographie large de la répartition des pesticides en Guadeloupe et en Martinique. « Pour l’OFB comme pour le Cirad, l’intérêt d’Agri-STAMP est double : il doit d’abord répondre aux besoins très concrets des Offices de l’eau, dont l’une des missions principales est d’estimer les pressions et expositions en pesticides auxquelles sont soumis les milieux aquatiques et la biodiversité », explique le CIRAD. Et d’ajouter : « ensuite, l’outil doit faciliter la discussion, via une démarche participative, entre différents secteurs, et notamment entre les acteurs du monde agricole et les acteurs de l’environnement ».
La valeur-ajoutée de l’outil Agri-STAMP est d’être capable de croiser de nombreuses données, permettant de dégager une vision claire de ce que les experts appellent la « pression pesticide ».
Danger pour la santé et l’environnement
Une fois disséminés dans la nature, les pesticides peuvent rester durant de nombreuses années en s’infiltrant dans l’eau, dans les sols et dans les végétaux causant aussi des dégâts sur la santé humaine.
L’outil Agri-STAMP doit donc permettre de mieux connaître les zones polluées, pour tenter d’y appliquer des solutions concrètes. « Réduire de 20 % l’usage des pesticides dans les champs n’assure pas nécessairement une réduction globale de 20 % de la pollution d’un territoire. Agri-STAMP permet de tester des scénarios en visualisant l’impact potentiel des changements de pratiques agricoles », explique Jérémy Lavarenne, ingénieur agronome au CIRAD.
L’outil est actuellement dimensionné pour les cultures tropicales des Antilles mais devrait être prochainement développé à La Réunion. Dans un second temps, l’outil pourra être adapté aux au climat de France métropolitaine pour tenter de dresser une carte des pesticides en métropole.
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