
La poubelle grise atteint en moyenne 341,4 kg par habitant et par an en Martinique. Mais sa composition montre que seule une part minoritaire de ce volume relève réellement du résiduel. Déchets alimentaires, emballages et matières recyclables occupent encore l’essentiel du bac. Que trouve-t-on réellement dans la poubelle grise en Martinique ? Une caractérisation des ordures ménagères résiduelles relayée par le SMTVD, à partir des travaux MODECOM de l’ADEME, met en évidence le poids encore considérable des déchets qui pourraient suivre une autre voie. Déchets alimentaires, emballages et matières recyclables occupent l’essentiel du bac. Au total, environ trois quarts de son contenu pourraient être évités ou orientés vers des solutions de tri, de recyclage ou de valorisation. Une photographie qui révèle les marges encore importantes pour réduire le flux résiduel sur le territoire.
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341,4 kg par habitant, dont une large part pourrait suivre une autre voie
Les déchets alimentaires constituent l’un des principaux gisements retrouvés dans la poubelle grise martiniquaise. Ils atteignent 111,4 kg par habitant et par an et représentent 32 % du contenu.
Les emballages occupent eux aussi une place importante. La caractérisation fait apparaître 99,1 kg par habitant et par an pour une fraction liée aux déchets d’emballages, auxquels s’ajoutent d’autres matières recyclables identifiées dans la composition du bac.
Le constat dépasse donc la seule question du volume de déchets produit. Une part importante de ce qui entre aujourd’hui dans le flux résiduel correspond à des matières pour lesquelles d’autres réponses peuvent exister : collecte séparée, recyclage, compostage, valorisation organique ou prévention en amont.
Cette lecture rejoint la fonction même des campagnes MODECOM développées par l’ADEME : caractériser précisément les déchets afin d’éclairer les choix techniques et organisationnels ainsi que le suivi des politiques publiques.
La campagne nationale MODECOM 2024 porte sur la France métropolitaine, tandis que les DROM-COM font l’objet de campagnes dédiées à leur territoire.
Les déchets alimentaires pèsent plus de 111 kg par habitant
Avec 111,4 kg par habitant et par an, la fraction alimentaire constitue un enjeu central de la poubelle grise en Martinique. Elle représente près d’un tiers du total.
À l’intérieur de ce gisement, la caractérisation met également en évidence 21,7 kg de gaspillage alimentaire par habitant et par an. Les deux chiffres ne doivent pas être confondus : l’ensemble des déchets alimentaires ne correspond pas à de la nourriture gaspillée. Mais la présence de produits alimentaires évitables dans le bac révèle un levier spécifique de réduction à la source.
Le poids de cette fraction pose aussi directement la question de son orientation. Depuis le 1er janvier 2024, le tri à la source des biodéchets constitue un axe structurant de la politique de gestion des déchets.
Dans sa synthèse MODECOM 2024, l’ADEME rappelle que ces matières peuvent notamment être orientées vers une valorisation organique, par compostage ou méthanisation. Dans le référentiel métropolitain étudié par l’Agence, les biodéchets représentent encore 32 % des ordures ménagères résiduelles, soit 71,2 kg par habitant et par an.
Cette proximité de proportion avec les données martiniquaises ne doit pas masquer la différence de périmètre entre les campagnes. Elle souligne néanmoins le poids persistant de la fraction organique dans les poubelles grises.
Un potentiel important hors du flux résiduel
La photographie de la poubelle martiniquaise met finalement en évidence plusieurs leviers distincts. Les déchets alimentaires renvoient au tri à la source, au compostage et à la prévention. Les emballages relèvent des dispositifs de collecte séparée et de recyclage. D’autres matières peuvent rejoindre des filières spécifiques.
Le rapport MODECOM 2024 montre que cette question dépasse largement la Martinique. En France métropolitaine, l’ADEME estime que 69,1 % des déchets collectés dans les ordures ménagères résiduelles n’y ont pas leur place et devraient être orientés vers d’autres collectes.
La composition moyenne y comprend notamment 32 % de biodéchets, 27 % d’emballages hors verre et de papiers, 5 % d’emballages en verre et 6 % de déchets relevant d’autres collectes.
En Martinique, le constat présenté est encore plus immédiat : sur les 341,4 kg annuels par habitant retrouvés dans la poubelle grise, 84 kg seulement sont classés comme résiduels. La caractérisation ne mesure donc pas uniquement ce qui est jeté.
Elle donne aussi une indication concrète du volume de matières qui pourrait encore être détourné du flux résiduel par la prévention, le tri et la valorisation.



