
La Fondation Albioma ouvrira, du 14 septembre au 16 octobre 2026, un nouvel appel à projets destiné aux associations ultramarines engagées dans la préservation de la biodiversité ou l’insertion professionnelle. En Martinique, cette nouvelle campagne intervient après le financement de deux actions liées à la valorisation des biodéchets et à la restauration des mares antillaises.
En 2025, la Fondation indique avoir versé plus de 275 000 euros à des projets déployés en Guadeloupe, en Martinique, en Guyane, à Mayotte et à La Réunion. Neuf partenariats étaient couverts par une convention durant l’année, dont trois nouveaux, portant à 27 le nombre total d’actions accompagnées depuis la création de la structure en 2023.
En Martinique, 37 159 euros versés en 2025
D’après le rapport d’activité 2025 de la Fondation Albioma, la Martinique a reçu 37 159 euros au cours de l’année. Le territoire représente ainsi 13,5 % des financements versés dans les cinq départements et territoires concernés.
La majorité de cette somme, soit 26 035 euros, a été consacrée à un projet d’insertion professionnelle reposant sur le traitement et la valorisation des biodéchets. Les 11 124 euros restants ont été affectés à la biodiversité, dans le cadre d’un programme commun à la Martinique et à la Guadeloupe consacré aux mares antillaises.
À l’échelle de l’ensemble des Outre-mer, 57,5 % des financements versés en 2025 ont été orientés vers la préservation de la biodiversité, contre 42,5 % pour l’insertion professionnelle. Le montant total détaillé dans le rapport atteint 275 776 euros.
Les biodéchets deviennent un support de formation
Le principal projet directement implanté en Martinique est porté par L’Espérance Auteuil Martinique, à travers les ateliers et chantiers d’insertion « Jaden Lesperans » et « Recyk Bwa ». Il bénéficie d’un financement de 61 035 euros sur deux ans, dont 26 035 euros ont été versés en 2025.
Le soutien accordé a notamment permis l’acquisition d’un composteur mécanique. Installé au sein de l’atelier Jaden Lesperans, l’équipement traite les résidus provenant des activités agricoles du site et les déchets alimentaires issus du restaurant scolaire.
L’objectif ne se limite pas à réduire la quantité de déchets à éliminer. Le compost produit est réutilisé pour les cultures de l’atelier, tandis que le fonctionnement de la plateforme sert de support d’apprentissage aux salariés en insertion.
En 2025, 25 salariés ont été formés à l’utilisation du composteur, au suivi de la décomposition et aux différents usages du compost. Le rapport fait également état d’une moyenne de 10 kilogrammes de restes alimentaires valorisés chaque semaine et de plus de 2 mètres cubes de compost produits.
Ces premiers résultats restent ceux d’une phase de démarrage, mais ils illustrent la possibilité d’associer gestion des déchets, production agricole et acquisition de compétences professionnelles. Les biodéchets sont transformés en ressource locale, tout en contribuant à la formation de personnes rencontrant des difficultés d’accès à l’emploi.
Un programme pour restaurer les mares antillaises
Le second financement concernant la Martinique porte sur le programme REMA II, consacré à la restauration, à la gestion et à la valorisation des mares des Antilles.
Porté par le Comité français de l’Union internationale pour la conservation de la nature, à travers le Pôle-relais zones humides tropicales, ce programme bénéficie d’un soutien de 74 160 euros sur trois ans. Il couvre à la fois la Martinique et la Guadeloupe.
En 2025, les équipes ont visité 92 mares dans les deux territoires. Parmi elles, 35 ont été accompagnées ou restaurées, tandis que 57 personnes ont été formées aux méthodes de gestion de ces milieux. Un travail scientifique a également été engagé sur 16 mares afin de faire émerger des indicateurs permettant d’évaluer leur état écologique.
Le rapport ne précise toutefois pas la répartition de ces résultats entre la Martinique et la Guadeloupe. Les 92 mares ne doivent pas non plus être présentées comme ayant toutes été restaurées : ce chiffre correspond au nombre de sites visités, tandis que 35 ont fait l’objet d’un accompagnement ou d’une intervention.
Au-delà de leur taille souvent limitée, les mares constituent des habitats pour de nombreuses espèces et participent aux continuités écologiques. Leur état peut cependant être dégradé par le manque d’entretien, les aménagements ou la prolifération de végétaux exotiques envahissants.
Quels projets pourront candidater en septembre ?
Le nouvel appel à projets sera ouvert pendant un mois, du 14 septembre au 16 octobre 2026. Il s’adresse aux associations souhaitant développer une initiative en faveur de la biodiversité, de l’insertion professionnelle ou combinant ces deux dimensions.
Selon les conditions présentées dans le communiqué, les projets devront représenter un montant estimé compris entre 5 000 et 20 000 euros par an et pourront s’étendre sur une durée de un à trois ans. Un cofinancement sera obligatoire.
Le dispositif est principalement destiné à financer des investissements, à l’exception de l’achat de véhicules. Un projet pourra avoir déjà commencé, à condition que l’investissement pour lequel le soutien est demandé n’ait pas encore été réalisé.
Les initiatives exclusivement centrées sur la recherche ou la sensibilisation ne seront pas éligibles.
Cette exclusion ne signifie pas nécessairement que ces activités sont interdites au sein d’un projet plus large : plusieurs actions accompagnées en 2025 comportaient des volets pédagogiques ou scientifiques, mais ceux-ci s’inscrivaient dans des opérations concrètes de restauration, de traitement des déchets ou de protection des espèces.
Les associations sont invitées à prendre contact avec la Fondation avant de déposer leur dossier, afin de vérifier que leur projet respecte bien les critères annoncés.
Des réalisations concrètes dans cinq territoires
Le bilan 2025 donne plusieurs exemples du type d’actions déjà soutenues. À Mayotte, 1 632 plants indigènes appartenant à 23 espèces ont été mis en terre pour restaurer la forêt sèche de la pointe de Saziley.
En Guyane, une plateforme pilote a collecté 81,5 tonnes de biodéchets durant les trois premiers trimestres de l’année.
En Guadeloupe, le financement de 40 bornes doit contribuer au développement de la collecte et du réemploi des textiles. Vingt emplacements avaient été validés à la fin de 2025, avant le lancement du déploiement opérationnel en 2026.
À La Réunion, les projets soutenus portent notamment sur la restauration des plages de ponte des tortues marines, la sauvegarde du gecko vert de Manapany et la régénération écologique du Maïdo après les incendies.
Ces opérations montrent que la Fondation privilégie des investissements directement rattachés à des actions de terrain.
Pour les associations martiniquaises, la campagne de septembre ouvre ainsi une nouvelle possibilité de financement, mais sur un périmètre précis : des projets concrets, cofinancés et inscrits dans les domaines de la biodiversité ou de l’insertion professionnelle.

Vous pouvez consulter ici le rapport d’activité 2025 de la Fondation ALBIOMA



