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El Niño : la planète entre en « zone dangereuse » jusqu’en 2027

Tropical Weather
This satellite image provided by CIRA/NOAA shows three storms, from left, Hurricane Lowell, Hurricane Karina and Tropical Storm Marie in the Pacific Ocean on Wednesday, Sept. 2, 2026. (CIRA/NOAA via AP)/NY405/26245751670374/AP PROVIDES ACCESS TO THIS PUBLICLY DISTRIBUTED HANDOUT PHOTO PROVIDED BY CIRA/NOAA; MANDATORY CREDIT/2609022302

Il ne faiblira pas avant 2027. L’Organisation météorologique mondiale (OMM) n’a jamais été aussi affirmative : El Niño devrait devenir « très intense » d’ici la fin de l’année. Chaleur record, sécheresses, inondations : le monde entier est concerné. La Caraïbe aussi.

 

100 %. Jamais l’OMM n’avait été aussi sûre

El Niño est là. La question n’est plus de savoir s’il va durer, mais jusqu’où il va monter.

Selon les dernières prévisions de l’OMM, l’agence météorologique des Nations Unies, la probabilité que le phénomène persiste jusqu’en février 2027 avoisine les 100 %. Une première. Ni pour El Niño, ni pour La Niña, sa version froide, l’organisation n’avait jamais publié une prévision avec un tel niveau de certitude.

Le pic est attendu vers la fin de l’année. Les effets, eux, se prolongeront en 2027.

« La planète navigue en eaux inconnues, et ces eaux se réchauffent. » António Guterres, Secrétaire général de l’ONU

+ 8 °C sous la surface du Pacifique

El Niño est un phénomène naturel. Il revient tous les deux à sept ans : les eaux du centre et de l’est du Pacifique équatorial se réchauffent, la circulation atmosphérique se dérègle, et les températures comme les précipitations s’en trouvent modifiées partout sur la planète.

Ce qui change cette fois, c’est le contexte. L’épisode se développe sur une planète déjà réchauffée par les gaz à effet de serre, avec des océans exceptionnellement chauds.

Les chiffres donnent la mesure. L’indice Niño 3.4, référence pour suivre le phénomène, affichait + 1,5 °C de mai à juillet, puis + 2 °C en juillet. Entre fin juillet et mi-août, les relevés hebdomadaires ont oscillé entre + 2,2 °C et + 2,6 °C au-dessus de la normale.

Plus frappant encore : sous la surface, dans certaines zones du Pacifique tropical, l’eau a dépassé les normales de plus de 8 °C. Cette chaleur accumulée en profondeur alimente les prévisions d’intensification.

Chiffres clés

  • ~100 % : probabilité qu’El Niño dure jusqu’en février 2027
    • 2,2 à + 2,6 °C : anomalie hebdomadaire de l’indice Niño 3.4 (fin juillet – mi-août)
    • 8 °C : anomalie relevée sous la surface dans certaines zones du Pacifique tropical
  • 2 à 7 ans : fréquence habituelle du phénomène

« Petit garçon », gros dégâts

Un El Niño très intense ne signifie pas des catastrophes partout et de même ampleur. Ses effets varient selon les régions, les saisons, et se combinent à d’autres phénomènes océaniques et atmosphériques.

Mais pour septembre-novembre, les modèles de l’OMM sont clairs : des températures supérieures à la normale sur la quasi-totalité des terres émergées. Côté pluies, l’empreinte d’El Niño devrait se renforcer, avec plus de fortes précipitations dans certaines régions, plus de sécheresse dans d’autres.

Deux facteurs peuvent encore modifier la donne : une phase positive du dipôle de l’océan Indien, susceptible d’amplifier ou d’atténuer certains effets, et un Atlantique tropical qui devrait rester plus chaud que la normale.

« El Niño signifie “petit garçon” en espagnol, mais il a le potentiel de porter un coup massif aux communautés et aux économies du monde entier. » Celeste Saulo, Secrétaire générale de l’OMM

Et la Martinique ?

Le communiqué de l’OMM ne cible pas la Caraïbe. Mais deux éléments concernent directement l’arc antillais.

D’abord, l’Atlantique tropical plus chaud que la normale, mentionné par l’OMM : c’est le bassin qui alimente nos cyclones et conditionne nos températures.

Ensuite, les grandes tendances connues des années El Niño dans la région : une saison cyclonique atlantique généralement moins active, et un risque accru d’épisodes secs dans la Caraïbe. Des tendances, pas des certitudes : chaque épisode est différent, et l’OMM insiste sur les effets « très inégaux » selon les territoires.

Sur une île qui importe l’essentiel de son alimentation et dépend de ses ressources en eau, ces signaux méritent d’être suivis de près.

« Une préparation exceptionnelle »

Face à un épisode appelé à durer, l’OMM affirme avoir engagé une mobilisation sans précédent avec les services météorologiques et hydrologiques nationaux. Objectif : renforcer les prévisions et les systèmes d’alerte précoce, pour que gouvernements et organisations humanitaires anticipent les impacts sur l’agriculture, la santé, l’énergie et l’eau.

« Cet El Niño exceptionnel exige une préparation et une réponse exceptionnelles », insiste Celeste Saulo. Fin juillet, l’OMM prévenait déjà que l’épisode allait se renforcer. Un mois plus tard, ses prévisions ont gagné en gravité autant qu’en certitude.

À retenir

  • El Niño devrait durer jusqu’en février 2027, avec un pic fin 2026
  • L’OMM n’a jamais émis une prévision aussi certaine
  • Températures au-dessus de la normale attendues presque partout de septembre à novembre
  • Les effets varient fortement selon les régions
  • Mobilisation « sans précédent » des services météo pour l’alerte précoce

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