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Collecte des déchets dans le Sud : l’Espace Sud promet un retour à la normale

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Cinq mois après le changement de collecte, les bacs débordent encore dans le Sud. Le 27 août à Rivière-Salée, l’Espace Sud a reconnu un déficit de communication et détaillé les causes des retards : camions manquants, exutoires saturés, tri encore approximatif. 

Objectif affiché : une situation normalisée d’ici quelques mois, sans hausse de la taxe.

50 t/jour quota actuel de l’Espace Sud à l’incinérateur de Fort-de-France, contre 100 en temps normal
5 sur 20 camions livrés au prestataire de la côte caraïbe ; les derniers attendus en février-mars 2027
106 t d’emballages collectées en juillet sur la côte atlantique, + 15 % par rapport à juin
30 t de déchets alimentaires sur la même période, en croissance continue
30 M€ consacrés chaque année aux déchets, sur un budget de 91 M€
88 écoles ciblées par la campagne de sensibilisation à la rentrée

Les bacs débordent toujours dans le Sud. Cinq mois après le changement de marché, l’Espace Sud a fini par s’expliquer publiquement. Et le problème n’est pas seulement dans les camions.

50 tonnes par jour au lieu de 100

C’est ce dont dispose aujourd’hui l’agglomération à l’incinérateur de Fort-de-France. Des maintenances techniques ont divisé le quota par deux. Un four sera arrêté en janvier pour une opération lourde.

L’autre exutoire, l’enfouissement à Petit-Galion, au Robert, ferme à 17 heures. Un camion parti de Sainte-Anne qui arrive à 16 h 30 repart plein. Il perd sa matinée du lendemain à se délester. La tournée prend du retard.

5 camions sur 20

Deuxième blocage : le matériel. Les voiries étroites du Sud exigent des véhicules spécifiques, quasiment faits main, fragiles sous nos latitudes. Sur la côte caraïbe, 5 seulement sur 20 sont arrivés. Les derniers ne sont pas attendus avant février ou mars 2027.

Le contraste avec la côte atlantique est parlant : dès l’arrivée de quatre bennes neuves à la mi-juin, le service s’est amélioré.

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« Il n’y a pas de raison que le Sud soit pénalisé par rapport au Centre et au Nord. » 

Jean-Yves Bonnaire, vice-président délégué à la gestion et à la valorisation des déchets

106 tonnes d’emballages, + 15 %

Troisième blocage, le tri. Mais c’est là que les chiffres bougent. Sur la côte atlantique, juillet affiche un peu plus de 106 tonnes d’emballages, en hausse de plus de 15 % sur juin, avec des refus de collecte stables et bas. Les déchets alimentaires approchent les 30 tonnes.

Le bac jaune est devenu le bac principal : tous les emballages y vont, sans exception, depuis le 1er janvier 2026. Le bac gris, lui, n’est ramassé que tous les quinze jours.

« Nous n’avons pas suffisamment expliqué ce qui était en jeu »

L’aveu vient des élus eux-mêmes. Entre la décision de changer de marché et son application, la population n’a pas été préparée. L’Espace Sud a fonctionné trois ans sans directeur de la communication.

Depuis avril : une réunion publique dans chacune des douze communes, deux heures d’antenne sur une grande radio, un courrier aux 58 000 foyers du Sud. À la rentrée, cap sur les 88 écoles du territoire.

Trier ses épluchures, nourrir l’île

Le bac marron part au centre de valorisation organique du Robert, qui produit un compost utilisé par les maraîchers martiniquais. Le verre, lui, est broyé sur place et transformé en béton de verre, testé avec le laboratoire territorial, déjà employé pour les plateformes des bornes de tri.

« Le déchet ne doit plus être un déchet : ça devient une ressource. » 

Marie-Jeanne Letord, directrice générale adjointe en charge du cycle de l’eau et des déchets

30 millions d’euros par an

C’est près d’un tiers du budget de l’Espace Sud, qui s’élève à 91 millions. Sollicitée par Martinique Transport, la collectivité a prévenu que ses éventuelles marges iraient d’abord à l’environnement WhatsApp Image 2026-08-31 at 08.48.18 (4). Pas question, en revanche, de toucher à la taxe d’enlèvement des ordures ménagères.

« Il n’est pas question que le contribuable du Sud soit impacté. » 

Fred-Michel Tirault, président de l’Espace Sud

L’Espace Sud joue sa crédibilité sur les prochains mois. La courbe encourageante de la côte atlantique montre qu’un nouveau marché peut fonctionner une fois le matériel livré et les habitudes installées, mais la côte caraïbe attendra le début de 2027 pour disposer de tous ses camions, et la maintenance de l’incinérateur en janvier resserrera encore l’étau sur les exutoires. Entre un tri qui progresse et une colère citoyenne qui s’organise, la gestion des déchets s’impose comme le premier test politique du mandat de Fred-Michel Tirault.

 

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