
Les premiers mouillages écoresponsables du projet Alliance Bleue sont attendus début novembre au Cap Salomon, aux Anses-d’Arlet. Au Robert et à Sainte-Luce, les préparatifs se poursuivent pour déployer de nouveaux dispositifs destinés à protéger les herbiers marins et les récifs coralliens.
Lancé fin 2025, le projet Alliance Bleue, porté par le Parc naturel marin de Martinique, entre progressivement dans sa phase d’aménagement. Une vingtaine de dispositifs de mouillage écologique sont envisagés sur cinq sites répartis entre les Anses-d’Arlet, Le Robert et Sainte-Luce. L’objectif est de limiter les dégradations des fonds marins provoquées par les ancrages des bateaux, tout en maintenant les activités nautiques dans ces secteurs fréquentés.
Cinq premiers mouillages prévus au Cap Salomon
Le Cap Salomon, aux Anses-d’Arlet, devrait accueillir les premiers équipements opérationnels du programme.
Des prospections menées en juin et juillet 2026 ont permis aux équipes du Parc naturel marin de vérifier la présence et le bon état de cinq dispositifs d’ancrage historiquement installés par le Conservatoire du littoral.
Ces installations existantes doivent être réaménagées pour accueillir les nouvelles lignes de mouillage.
En parallèle, des échanges ont été engagés avec les acteurs locaux, notamment les clubs de plongée, les excursionnistes, les pêcheurs et les élus municipaux. Une commission nautique locale était annoncée pour octobre afin d’examiner la sécurité de la navigation autour des futurs aménagements.
Selon le calendrier communiqué par le Parc naturel marin le 23 septembre, le montage et l’installation des lignes de mouillage sont programmés entre fin octobre et début novembre 2026, avec une inauguration envisagée dans les premiers jours de novembre.
Au Robert et à Sainte-Luce, les aménagements se précisent
Au Robert, une dizaine de mouillages écologiques sont envisagés autour des îlets Chancel et Madame, ainsi que du fond blanc du Trapèze, près de l’îlet La Grotte. Les premières prospections, réalisées en juin, ont permis de repérer d’anciennes installations et d’établir des cartographies des fonds marins.
Un diagnostic plus approfondi doit débuter en novembre afin d’évaluer notamment la nature des fonds, l’état des herbiers et la pollution. Ces observations serviront à déterminer les systèmes d’ancrage les mieux adaptés aux caractéristiques des trois zones et à leurs différents usages.
À la Grande Caye de Sainte-Luce, les investigations menées en juillet et août ont confirmé le bon état de deux corps-morts installés dans le cadre du projet Acropora de L’Asso-Mer. Leur réaménagement a été validé pour Alliance Bleue. Un diagnostic écologique complémentaire est également envisagé début 2027.
Le choix de ces sites résulte d’une méthode prenant en compte les enjeux écologiques, paysagers, réglementaires et patrimoniaux, ainsi que les pressions liées aux activités nautiques. Cette démarche a été examinée en avril 2026 par un comité technique associant collectivités, professionnels, usagers et services de l’État.
Limiter les dommages causés aux herbiers et aux récifs
Au-delà des installations prévues, Alliance Bleue répond à un enjeu de préservation des habitats marins.
Les ancrages répétés peuvent arracher les herbiers de phanérogames et endommager les récifs coralliens, deux milieux essentiels à la biodiversité. Ils constituent notamment des zones de nourricerie, de refuge et de développement pour de nombreuses espèces marines.
En proposant des points de mouillage adaptés, le Parc naturel marin entend réduire ces pressions tout en accompagnant les activités de plaisance, de plongée, de pêche et d’excursion. Le programme bénéficie du soutien de la BRED Banque Populaire, dans le cadre d’une opération de mécénat, ainsi que de financements du Fonds Vert et de l’Office français de la biodiversité.
Le déploiement des équipements doit s’accompagner d’actions de sensibilisation auprès des usagers. Des plaquettes d’information par site, des vidéos pédagogiques et une rubrique dédiée sur le site du Parc naturel marin sont notamment prévues.
Les prochaines étapes permettront de préciser les aménagements encore à réaliser au Robert et à Sainte-Luce.
Source : Parc naturel marin de Martinique



