Actualités

Covoiturage entre femmes : de 450 à 900 adhérentes en trois jours

Un groupe WhatsApp de covoiturage réservé aux femmes est passé de 450 à 900 adhérentes en trois jours, au plus fort de la crise des transports en commun. Créé en août 2023 par Orissa Lorne, il compte aujourd’hui près de 2 000 membres. Les trajets s’y font contre une contribution aux frais. Sa fondatrice le gère seule, bénévolement.

L’essence a dépassé les deux euros le litre, et les transports en commun traversent une crise. Le mois dernier, au plus fort de cette crise, le groupe de covoiturage d’Orissa Lorne a doublé en trois jours.

Le groupe existe depuis août 2023. « En l’absence de transport, il y avait besoin d’une solution », explique sa fondatrice. Selon elle, les femmes ont davantage besoin d’être véhiculées, en raison de leurs responsabilités, socioprofessionnelles ou personnelles.

Dans son entourage, elle entendait de nombreuses plaintes de femmes. « Je me suis dit je vais lancer un groupe. Si i pwi , i pwi. » L’idée a pris.

Une question de sécurité

L’idée, pour sa fondatrice, répond à une nécessité. « C’est un sujet tabou mais les femmes sont vulnérables dans l’habitacle d’un homme inconnu », estime-t-elle. « Quand tu t’embarques dans la voiture de quelqu’un, tu ne sais pas ce que la personne a déjà en tête. » Le groupe leur offre un sentiment de sécurité.

Une carte en rouge et vert

Dans le groupe, celles qui proposent un trajet et celles qui en cherchent un échangent itinéraires et horaires, puis se mettent d’accord. « C’est comme un BlaBlaCar », résume Orissa Lorne. Toutes les fonctionnalités de la messagerie sont utilisées, géolocalisation comprise : les conductrices apparaissent en vert, les demandeuses en rouge.

« Quand tout le monde joue le jeu, la carte de la Martinique est constellée de points rouges et verts. »
— Orissa Lorne

Partager les frais

Les trajets se font contre une contribution, un mot auquel Orissa Lorne tient. « Il y a un échange monétaire mais ce n’est pas avec deux euros qu’on va payer l’essence. Chaque passager et la conductrice participent aux frais de ce trajet. » L’objectif n’est pas de gagner de l’argent mais d’en économiser.

Selon elle, beaucoup ont profité du manque de transport pour utiliser le terme covoiturage « à tort et à travers ». Elle y voit un système d’entraide : « Ce n’est pas un système où quelqu’un se fait un deuxième salaire. »

Une gestion bénévole

Près de 2 000 membres, et une seule bénévole pour gérer le groupe : sa fondatrice. « Les gens ne se rendent pas compte de mon investissement personnel. Je me lève très tôt et je me couche très tard pour republier les trajets de tout le monde. »

Chiffres clés

  • Plus de 2 € : le litre d’essence
  • Août 2023 : création du groupe
  • 450 → 900 : adhérentes en trois jours, au plus fort de la crise des transports
  • Près de 2 000 : membres aujourd’hui
  • 1 : bénévole pour gérer le groupe

À retenir

  • Le groupe WhatsApp de covoiturage créé par Orissa Lorne est réservé aux femmes.
  • Pour sa fondatrice, il répond à une nécessité : la sécurité des femmes pendant les trajets.
  • Conductrices et passagères s’organisent sur la messagerie, géolocalisation comprise.
  • Les trajets se font contre une contribution aux frais, sans but lucratif.

Laurianne Nomel

 

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page