
La mobilisation prend de l’ampleur au sein de l’économie sociale et solidaire (ESS). Relayée par la Chambre régionale de l’économie sociale et solidaire (CRESS) de Martinique, une lettre ouverte adressée au Premier ministre, Sébastien Lecornu, dénonce le projet de réduction de plus de 30 % des crédits publics consacrés au soutien de l’ESS. Plusieurs milliers de dirigeants, élus et parlementaires ont déjà apporté leur signature à cette initiative.
Selon ESS France, ces réductions prendraient la forme de mesures de gel et d’annulation de crédits affectant l’Action 4 du programme 305 du budget de l’État, dédiée au développement de l’économie sociale et solidaire. Les organisations du secteur soulignent que ces crédits avaient pourtant été maintenus au niveau de 2025 et que de nombreuses actions ont déjà été engagées depuis près de six mois sur la base de cet engagement.
Une réduction de crédits aux conséquences jugées immédiates
Dans leur lettre ouverte, les représentants de l’ESS alertent sur les conséquences concrètes d’une telle décision. Les financements concernés soutiennent notamment les dispositifs locaux d’accompagnement (DLA), les Chambres régionales de l’ESS (CRESS), les Pôles territoriaux de coopération économique (PTCE) ainsi que les réseaux nationaux de l’économie sociale et solidaire.
Les signataires estiment que cette baisse non anticipée des crédits pourrait entraîner « l’interruption des actions », des « suppressions de postes aujourd’hui difficiles à chiffrer » ainsi que des « cessations de paiement » pour certaines structures.
Un secteur déjà fragilisé
Cette inquiétude intervient dans un contexte particulièrement tendu pour l’économie sociale et solidaire. Selon ESS France, le secteur a perdu 10 447 emplois au second semestre 2025, tandis que les défaillances d’organisations ont atteint un niveau inédit depuis plus de cinq ans.
Les acteurs de l’ESS estiment avoir engagé des ressources et développé des actions de proximité en réponse aux difficultés rencontrées par les entreprises et organisations du secteur. Ils dénoncent aujourd’hui une remise en cause des moyens initialement prévus et évoquent une rupture de confiance avec l’État.
Au-delà du budget, un enjeu de développement territorial
Au-delà de la seule question budgétaire, cette mobilisation met également en lumière la place occupée par l’économie sociale et solidaire dans les territoires. Les structures de l’ESS interviennent dans de nombreux domaines d’intérêt général : accompagnement des associations, insertion professionnelle, économie circulaire, innovation sociale, services de proximité ou encore projets de coopération territoriale.
Ces organisations participent également, dans de nombreux territoires, à des initiatives liées à la transition écologique, au réemploi des ressources ou au développement d’activités locales plus durables. Une fragilisation de leurs moyens d’action pourrait ainsi avoir des répercussions qui dépassent le seul secteur de l’ESS.
À travers cette lettre ouverte, les signataires demandent donc le maintien des crédits adoptés pour le programme 305 et appellent le gouvernement à préserver les moyens accordés à un secteur qu’ils considèrent comme un acteur essentiel de la cohésion sociale et du développement durable des territoires.



