
Protéger la biodiversité et protéger la santé humaine, même combat ? Dans une annonce fin mars, la fédération de pêche de Martinique évoque son action contre le braconnage et au service de la préservation des espèces aquatiques. Étant donné les enjeux sur l’environnement et sur la santé humaine, l’action de la fédération semble être une action d’utilité publique.
Pêcher dans les règles de l’art
La fédération de pêche rappelle, à échéance régulière, les bonnes pratiques de la pêche en Martinique, répondant à une volonté d’encadrer les pratiques, de préserver les espèces de poissons et de lutter contre les espèces envahissantes. « Contrairement à l’Hexagone où elle est interdite, nous utilisons la nasse sous dérogation spécifique pour une mission cruciale : l’élimination des Espèces Exotiques Envahissantes (EEE) », indique la fédération sur ses réseaux sociaux.La nasse est considérée comme un outil de pêche traditionnel par les pêcheurs
martiniquais, grâce à son « efficacité redoutable contre les envahisseurs (Cherax, Tilapia, Pléco, Tortue de Floride) » et grâce à sa « sélectivité maximale : elle permet de relâcher les espèces indigènes avec un taux de mortalité proche de zéro ». En effet, elle permet de maintenir un « équilibre préservé : c’est le seul outil capable de réduire drastiquement les EEE sans nuire à notre biodiversité locale », confirme la fédération de Martinique.
Braconnage au barrage de la Manzo ?

Dans une annonce du 26 mars dernier, la fédération de pêche de Martinique indique avoir repéré des dépôts de nasse au barrage de Manzo. En plus de la lutte contre les espèces envahissantes, la fédération de pêche poursuit son objectif de préserver la biodiversité en luttant contre le braconnage.
Outre les conséquences sur la biodiversité, le braconnage représente aussi un risque pour la santé humaine en raison de l’exposition au chlordécone. « Il est important de comprendre le paradoxe : l’eau du barrage de la Manzo envoyée aux agriculteurs est sans chlordécone. Comme il s’agit d’une eau close, la molécule de chlordécone (très lourde) coule et se fixe directement dans la vase. Si l’eau en surface reste saine pour les cultures, c’est dans cette vase que les écrevisses vivent et se contaminent massivement », explique la fédération, qui recommande de ne pas acheter de produits sur le « bord de route » et de privilégier les circuits officiels. Afin de préserver sa santé et la biodiversité, il est important de respecter la réglementation en vigueur et de suivre les recommandations de la fédération.



