
Les 25 et 26 septembre, Madiana accueille PEY’INNOV, premier salon martiniquais consacré à l’innovation agroalimentaire. Organisé par le PARM, gratuit, il réunit entreprises, chercheurs, financeurs et distributeurs. Derrière les dégustations, une question économique : pourquoi tant de produits martiniquais restent-ils bloqués au stade de la petite série ?
Produire ne suffit plus
Fruits tropicaux, cacao, plantes aromatiques, élevage, recettes du patrimoine culinaire. La matière première existe. Les idées aussi.
Le blocage arrive après.
Produire régulièrement. Produire plus sans perdre en qualité. Financer un équipement. Convaincre un distributeur. Sortir du marché martiniquais.
C’est exactement le programme du salon : financement, industrialisation, référencement en distribution, marketing de l’innovation, stratégie de marque, export, mutualisation entre entreprises.
« L’innovation n’est plus le principal défi. Les entreprises martiniquaises innovent, créent et s’adaptent. Les difficultés apparaissent surtout lorsqu’il s’agit de passer à l’échelle. »
Katia Rochefort, directrice du PARM
« Plus d’un produit sur deux » ne passe pas la première année
Xavier Terlet (Senior Advisor Protéines XTC), qui interviendra pendant le salon, estime que plus d’un produit alimentaire sur deux ne franchit pas sa première année de commercialisation. Et que la cause tient souvent moins au produit qu’à sa mise en marché.
Pour une TPE martiniquaise, l’équation est serrée : coûts de développement, packaging, analyses, équipement, communication — le tout sur un marché intérieur étroit.
D’où l’alternative posée par le salon : atteindre vite une taille suffisante, ou trouver des débouchés à l’extérieur.
25 % des achats alimentaires, et après ?
GBH, partenaire du salon, indique que les produits locaux représentent environ 25 % des achats alimentaires de ses magasins Carrefour en Martinique, et évoque des partenariats directs avec des agriculteurs.
Mettre un produit en rayon ne suffit pas non plus.
Il faut des volumes garantis, des livraisons régulières, une qualité constante, un prix accepté — et la capacité d’augmenter la production quand ça marche.
PEY’INNOV met donc face à face deux demandes : des petites entreprises qui veulent plus d’accès au marché, des distributeurs qui veulent de la régularité.
Souveraineté : transformer plutôt que remplacer
C’est le fil qui intéresse le plus Martinique2050. Le PARM ne pose pas la souveraineté alimentaire comme une substitution mécanique des importations, mais comme une création de valeur : mieux transformer, réduire les pertes, valoriser les coproduits et bioressources du territoire, structurer des filières qui durent.
« Lorsque nous produisons un fruit ou un légume, nous devons aussi nous demander comment le transformer, le conserver, lui donner de nouveaux débouchés et éviter les pertes. »
Nicaise Monrose, président du PARM
Quatre dynamiques sont déjà identifiées dans les entreprises martiniquaises : valorisation des ressources locales, montée en gamme et identité territoriale, modernisation des procédés et mutualisation, développement de produits réduisant la dépendance alimentaire.
Le fil conducteur du salon : « Produire, Transformer, Rayonner ».
Chiffres clés
- 25 & 26 septembre — Palais des Congrès de Madiana, Schœlcher
- 9h – 19h, gratuit (dernière entrée 18h)
- + de 50 exposants
- + de 80 produits innovants dans l’espace « Tendances & Innovations »
- + de 20 conférences, tables rondes et animations
- 20 ans d’accompagnement des entreprises par le PARM
- Soutiens : État, FEDER, CTM, GBH, Crédit Agricole



