La direction de la mer Martinique lance, en mai et juin, le retrait de 15 bateaux hors d’usage abandonnés dans la baie de Fort-de-France et sur le littoral des Trois-Îlets. Le préfet Étienne Desplanques assistera, le jeudi 7 mai à partir de 10h, au renflouement de deux épaves sur le secteur de Californie. Une opération financée à 100 % par le fonds vert 2025.
Depuis 2022, ce sont 257 navires qui ont déjà été recensés et enlevés des eaux martiniquaises. Les 15 bateaux ciblés par cette nouvelle campagne s’ajoutent à ce bilan, dans le cadre d’une politique publique de préservation du milieu marin pilotée par les services de l’État. Coques rongées, peintures antisalissures dégradées, hydrocarbures résiduels, plastiques en décomposition : ces épaves, parfois semi-immergées, libèrent des substances toxiques particulièrement nocives pour les écosystèmes tropicaux que sont les mangroves, les herbiers et les récifs coralliens. Dans ces milieux, les atteintes sont souvent irréversibles.
Trois menaces simultanées pour le littoral
Au-delà de la pollution chimique, les bateaux à l’abandon présentent un risque pour la sécurité maritime. Flottants ou semi-immergés, ils encombrent les chenaux d’accès aux ports et les zones de mouillage, provoquant accidents nautiques et dommages sur les navires. Leur présence freine également le développement d’aménagements côtiers structurants pour l’économie locale : zones de mouillages et d’équipements légers (ZMEL), ports de plaisance, activités nautiques. Autant de leviers économiques essentiels pour les collectivités du littoral martiniquais.
Un marché public de 250 000 € confié à la Somara
L’opération s’inscrit dans un marché public de près de 250 000 €, publié et conclu en novembre 2025 avec la Société martiniquaise de remorquage et d’assistance (Somara). Celle-ci s’appuie sur deux sous-traitants spécialisés : Metal Dom et Clean Océane. Le financement est intégralement assuré par le fonds vert 2025, dispositif d’État destiné à accompagner la transition écologique des territoires.
Une procédure technique et juridique exigeante
Le retrait d’un bateau hors d’usage ne s’improvise pas. Après repérage, la direction de la mer Martinique engage l’identification du propriétaire et lui adresse une mise en demeure de faire cesser l’état d’abandon. À défaut de réponse, la déchéance de propriété est prononcée, ouvrant la voie au retrait définitif du navire.
Les bateaux récupérés sont ensuite confiés à l’Association pour la plaisance éco-responsable (Aper), éco-organisme national chargé de leur déconstruction et de leur recyclage selon des normes environnementales strictes. Cette filière, financée par une éco-contribution prélevée à l’achat de tout bateau neuf, permet aux propriétaires de recycler gratuitement leur navire en fin de vie, plutôt que de l’abandonner. Un dispositif qui n’a, à ce jour, aucun équivalent dans le monde.
Plusieurs dizaines d’autres navires sous surveillance
La direction de la mer Martinique a d’ores et déjà identifié plusieurs dizaines d’autres bateaux dépourvus de mesures de garde ou d’autorisations. Ces navires font l’objet d’une surveillance active, en vue d’une mise en demeure suivie, le cas échéant, de verbalisation ou de destruction. La campagne de mai-juin 2026 ne constitue donc qu’une étape dans un travail de longue haleine, engagé pour rendre la baie de Fort-de-France et le littoral martiniquais à leur vocation première : un espace marin vivant, sûr et accessible.
EN BREF – Le 7 mai sur le secteur de Californie
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- 9h45 : embarquement à l’Hydrobase, site des phares et balises à Fort-de-France.
- 10h00 : appareillage vers le site de Californie.
- 10h15 – 11h30 : chantier de renflouement et d’enlèvement des deux épaves.
- 11h45 : point presse du préfet sur le quai de l’Hydrobase, en présence de la Somara et de Metal Dom.
Après-midi : mise à terre des épaves avant transport vers démantèlement



