
630 friches urbaines, commerciales ou industrielles ont déjà été qualifiées dans le cadre de Madin’Friches. Porté par l’EPF Martinique en partenariat avec la DEAL et l’ADEME, le dispositif veut faciliter la reconversion de terrains déjà urbanisés et limiter la consommation de nouveaux espaces naturels ou agricoles.
630 friches déjà qualifiées
Mieux connaître les espaces délaissés pour leur redonner un usage. C’est le principe de Madin’Friches, dispositif consacré au recensement et à la revalorisation des friches en Martinique.
Selon l’étude Adapter la sobriété aux territoires ultra-marins : enjeux, pratiques et leviers d’action, réalisée par KPMG Secteur Public pour le compte de l’ADEME, 630 friches existantes ou potentielles sont aujourd’hui qualifiées sur le territoire.
Cet inventaire est partagé avec les communes et les établissements publics de coopération intercommunale (EPCI). L’objectif est notamment de permettre leur prise en compte dans les documents de planification, comme les plans locaux d’urbanisme (PLU).
La démarche concerne aussi bien des friches urbaines que commerciales ou industrielles.
Une vingtaine de sites à étudier en priorité
Le recensement ne constitue qu’une première étape. À partir de cette base, Madin’Friches prévoit de lancer des études de faisabilité sur une vingtaine de sites prioritaires, en lien avec les collectivités.
Ces études doivent permettre d’identifier les possibilités de reconversion et de faire émerger de nouveaux projets sur des terrains déjà artificialisés.
Le rapport souligne l’objectif poursuivi : favoriser des reconversions sans recourir à l’urbanisation de nouveaux sols ni à l’expropriation.
Le dispositif repose ainsi sur une progression en plusieurs étapes : connaître le foncier disponible, le qualifier, identifier les sites présentant un potentiel puis accompagner leur transformation.
Réutiliser l’existant pour préserver les sols
Madin’Friches s’inscrit dans une logique de sobriété foncière. Il s’agit de privilégier la réutilisation d’espaces déjà urbanisés avant de consommer de nouvelles surfaces naturelles ou agricoles.
Parmi les orientations présentées dans l’étude, les auteurs recommandent ainsi de construire ou d’agrandir en priorité sur des parcelles déjà urbanisées plutôt que sur des terrains encore naturels ou agricoles.
Cette question prend une dimension particulière en Martinique. Le rapport rappelle les contraintes foncières propres au territoire insulaire et les risques liés notamment au recul du trait de côte.
La reconversion des friches peut alors répondre à un double enjeu : limiter l’étalement urbain tout en adaptant progressivement l’aménagement aux vulnérabilités du territoire.
Un enjeu également démographique
La réflexion foncière intervient par ailleurs dans un contexte de baisse de la population. La Martinique comptait 355 000 habitants au 1er janvier 2025, tandis que sa population a diminué de 0,7 % par an en moyenne entre 2016 et 2022, selon les données reprises dans l’étude.
Cette évolution invite à ne pas penser l’aménagement uniquement sous l’angle de la création de nouvelles zones urbanisées. Elle renforce également la question de la réutilisation des espaces déjà bâtis ou artificialisés, de leur transformation et de leur adaptation aux besoins futurs du territoire.
Faire des friches une ressource foncière
À travers Madin’Friches, les terrains délaissés ne sont donc plus considérés uniquement comme des espaces à l’abandon. Ils constituent aussi un potentiel foncier à mobiliser avant d’étendre davantage l’urbanisation.
Le rapport présente d’ailleurs le dispositif comme un outil opérationnel de sobriété foncière et d’adaptation de la Martinique aux enjeux climatiques et démographiques. ADEME-sobriete-outre-mer-rapport
Avec 630 friches déjà qualifiées et une vingtaine de sites appelés à être étudiés en priorité, l’enjeu est désormais de transformer cet inventaire en projets de reconversion capables de donner de nouveaux usages au foncier existant.
Source : ADEME – Adapter la sobriété aux territoires ultramarins : enjeux, pratiques et leviers d’action



