Déchets / Tri

Déchets en Martinique : prévenir la saturation, préparer les prochaines échéances

Les capacités de traitement des déchets en Martinique sont sous tension, alerte la Collectivité territoriale de Martinique (CTM). Face à cette situation, Serge Letchimy, président du Conseil exécutif, a réuni le préfet, la CACEM, l’Espace Sud, CAP Nord et le SMTVD. L’objectif est de sécuriser la filière et d’éviter que l’île ne soit contrainte de transférer des déchets vers la Guadeloupe, avec les surcoûts financiers, environnementaux et logistiques évoqués par la collectivité.


 

À Petit Galion, une capacité supplémentaire retardée

Le site de Petit Galion concentre une difficulté immédiate : plus de 100 000 m³ d’eaux et de lixiviats y sont présents, selon la CTM. Cette accumulation retarde notamment la mise en service de l’alvéole 4, un espace destiné au stockage des déchets, alors que les capacités disponibles sont déjà fortement sollicitées.

Le volume annoncé concerne bien l’ensemble des eaux et des lixiviats, ces liquides issus du contact de l’eau avec les déchets. La publication ne détaille ni les interventions prévues pour les traiter ni le calendrier d’ouverture de la nouvelle alvéole.

Ce retard souligne néanmoins l’enjeu de rendre disponibles des capacités supplémentaires pour le stockage.

Une maintenance à anticiper en 2027

À ces difficultés s’ajoutent d’importantes opérations de maintenance prévues en 2027 sur l’Unité de valorisation énergétique. Cette échéance pose la question de l’organisation du traitement pendant les interventions, dans un contexte où les capacités de stockage sont déjà sous pression.

La durée des travaux et leurs effets sur le fonctionnement de l’installation ne sont pas précisés. La CTM souligne parallèlement la nécessité de moderniser les équipements, d’améliorer le tri et de développer la valorisation.

Au-delà de la réponse immédiate, ces besoins dessinent les enjeux d’une sécurisation durable de la filière, sans qu’un programme technique détaillé soit présenté à ce stade.

Un montage financier à revoir

Sur le plan financier, la collectivité annonce 24,6 millions d’euros de FEDER disponibles, pour 48,7 millions d’euros de besoins exprimés. Ces montants donnent la mesure des investissements envisagés, mais ne permettent pas, à eux seuls, d’établir le reste à financer : les autres contributions et la répartition des dépenses ne sont pas détaillées.

Le SMTVD et les intercommunalités ont ainsi été invités à revoir leur montage financier afin de mieux répartir l’effort entre acteurs publics et privés. La CTM présente son intervention comme un accompagnement des structures compétentes.

« La compétence déchets appartient aux EPCI, mais la gravité de la situation exige aujourd’hui une mobilisation collective », souligne Serge Letchimy.

La suite attendue porte donc sur la révision de ce montage financier. La publication ne précise encore ni les contributions de chaque partenaire ni le calendrier des arbitrages. Quant au transfert de déchets vers la Guadeloupe, il reste une éventualité que les acteurs souhaitent éviter, et non une décision annoncée.


Source : Collectivité territoriale de Martinique

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