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DéKLIk MAtinik 2026 : quatre rendez-vous pour comprendre, s’adapter et faire émerger une Martinique plus résiliente

« Il ne s’agit plus seulement d’alerter sur les fragilités de la Martinique, mais de rassembler nos savoirs, nos forces et nos consciences pour apprendre à habiter ce territoire autrement. »

Face à l’accélération des dérèglements climatiques, à la pression sur l’eau, à la fragilité de notre système alimentaire et aux multiples tensions qui traversent déjà le territoire, la Martinique ne peut plus se permettre de regarder ces enjeux de loin.

Avec DéKLIk MAtinik 2026, le groupement Stratégie Résilience propose bien davantage qu’une série de rencontres : un espace d’éveil, de transmission, de réflexion et d’expérimentation concrète, ouvert à des publics différents mais réunis autour d’une même nécessité, celle de mieux comprendre pour mieux agir.

Entièrement gratuite, cette édition 2026 entend parler vrai, sans faux-semblants, sans greenwashing, en s’appuyant à la fois sur l’état des connaissances scientifiques, sur les savoirs d’expérience, sur la culture martiniquaise et sur les ressources du territoire. Dans cette dynamique, le travail mené par Martine Lheureux mérite d’être salué : constant, exigeant, profondément engagé, il contribue depuis plusieurs années à faire exister en Martinique un cadre de sensibilisation et d’action rare, cohérent et utile.

La DéKLIk MAtinik s’impose ainsi comme une manifestation importante pour la Martinique, parce qu’elle met au centre des débats ce qui conditionne déjà notre avenir collectif : l’habitabilité du territoire, l’adaptation au changement climatique, la robustesse de nos organisations, la place du vivant, la transmission des savoirs et la capacité du pays à inventer ses propres réponses.

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Un événement qui prend au sérieux les réalités martiniquaises

La force de la DéKLIk MAtinik tient d’abord à son positionnement. Ici, il ne s’agit pas d’aligner des discours abstraits, ni de reproduire des formules toutes faites. L’ambition est claire : aider les Martiniquaises et les Martiniquais à sortir du déni, à prendre acte de la gravité de la situation, et à entrer dans une compréhension plus lucide des bouleversements en cours.

Le projet relie les limites planétaires, les crises locales, la question de l’eau, les enjeux alimentaires, la santé, la culture, l’économie, les vulnérabilités sociales et la nécessité d’une adaptation pensée à l’échelle du territoire.

Ce parti pris donne à la manifestation une portée particulière. Elle ne se contente pas de sensibiliser au changement climatique au sens classique du terme. Elle invite à repenser la manière d’habiter la Martinique, de produire, de transmettre, de préserver, de coopérer et de se projeter. En cela, elle touche à des sujets essentiels pour l’île.

La Martinique est confrontée à des épisodes de chaleur plus marqués, à des pluies intenses, à des périodes de tension sur la ressource en eau, à des fragilités structurelles dans plusieurs secteurs. Mieux comprendre ces réalités n’est pas une option. C’est une condition pour agir avec sérieux.

Quatre dates gratuites pour toucher des publics différents

L’édition 2026 se déploie sur quatre temps complémentaires, chacun pensé pour un public spécifique.

DéKLIk M’Adapt Sciences

Jeudi 26 mars 2026
18h00 à 20h00
Amphithéâtre Amélie Plongeur, lycée Bellevue, Fort-de-France

Cette séquence est destinée à la communauté scientifique, aux étudiants, aux universitaires et aux organismes de recherche. Elle portera sur la présentation de la TRACC, la Trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique, avec l’appui de Météo-France Antilles-Guyane.

L’objectif est de donner aux acteurs scientifiques des clés de lecture, une méthodologie, des résultats et des outils qu’ils pourront intégrer à leurs futurs travaux.

DéKLIk MAtinik PRO

Vendredi 27 mars 2026
8h00 à 13h30
Appaloosa, Le François

Cette matinée s’adresse aux collectivités, aux entreprises, aux associations, aux agriculteurs, aux pêcheurs, aux personnes en recherche d’emploi et, plus largement, à tous ceux qui ont un rôle à jouer dans l’organisation du territoire.

Trois grands axes structureront les échanges : adaptation et TRACC, polycrises et robustesse.

L’originalité de cette séquence tient à la place accordée à l’intelligence collective. Il ne s’agira pas seulement d’écouter, mais aussi de réfléchir ensemble et de rédiger collectivement un plaidoyer pour l’adaptabilité.

DéKLIk MAtinik citoyenne

Samedi 28 mars 2026
8h00 à 17h30
Écolieu de Tivoli, Fort-de-France

C’est le point fort de cette édition. Ouverte à tous, adultes et enfants, cette journée intergénérationnelle est pensée comme une immersion. C’est à la fois un temps de conférences, de rencontres, d’expérimentations, de découvertes, de sensibilisation, d’ateliers, de mini-marché, de transmission culturelle et de création.

Le choix du lieu n’est pas anodin : l’Écolieu de Tivoli incarne déjà, par son fonctionnement en circuit intégré et par ses expérimentations, une autre manière de relier les enjeux écologiques, alimentaires, médicinaux, culturels et sociaux.

DéKLIk M’Adapt Agrikilti

Jeudi 23 avril 2026
Gros-Morne

Ce quatrième rendez-vous sera consacré au monde agricole, aux agro-transformateurs, aux jardiniers, aux paysans et aux cultivateurs. Là encore, la TRACC y sera présentée, avec un zoom sur les enjeux propres à l’agriculture et à l’adaptabilité de ce secteur décisif pour la Martinique.

La TRACC, un outil central pour penser l’adaptation

Un des apports majeurs de cette édition est la mise en avant de la TRACC, récemment communiquée par Météo-France. Cet outil trace les trajectoires de réchauffement de référence pour aider les territoires à penser leur adaptation au changement climatique.

Pour la Martinique, cela signifie disposer d’éléments plus fins pour anticiper les évolutions du climat futur et réfléchir à leurs conséquences concrètes sur l’eau, l’agriculture, les activités économiques, les infrastructures, la santé et la vie quotidienne.

Ce point est fondamental. Trop souvent, les débats publics restent généraux, alors que les besoins d’adaptation exigent désormais des données territorialisées, intelligibles et appropriables. En intégrant la TRACC à plusieurs séquences de la DéKLIk MAtinik 2026, les organisateurs donnent à voir un enjeu souvent réservé aux spécialistes, tout en le rendant accessible à différents publics.

C’est précisément ce travail de médiation qui donne à la manifestation sa valeur.

Le 28 mars à Tivoli, une journée dense, vivante et concrète

La journée citoyenne du samedi 28 mars s’annonce particulièrement riche. Elle ne reposera pas uniquement sur des conférences descendantes. Elle proposera un parcours dans lequel la compréhension passe aussi par l’expérience.

Le public pourra y aborder les questions liées à l’eau, à l’adaptation, aux grands défis systémiques, à la biodiversité, à la culture, à la spiritualité et à la place du vivant dans nos existences.

Les échanges mettront également en avant les savoirs des anciens, la transmission culturelle, le créole, le tambour, les récits, autrement dit tout ce qui permet de replacer l’adaptation non seulement dans des modèles scientifiques, mais aussi dans une mémoire et une sensibilité martiniquaises.

L’événement accueillera aussi de nombreuses propositions concrètes : sensibilisation au compost, low tech, filtres à eau, déshydrateur, four solaire, atelier de réparation vélo, tressage bakoua, jeux et parcours pour enfants, tan jé an kréyol, expérimentations scientifiques, création de récits, mini-marché de produits locaux, restauration et boissons sur place.

Le site permettra également de découvrir la plantothèque nutritionnelle et médicinale ainsi que les expérimentations menées à l’Écolieu de Tivoli.

La clôture par le concert de Bambouman, au milieu des bambous et au bord de la rivière, annonce une fin de journée à l’image de la philosophie générale de la manifestation : relier les connaissances, les pratiques, les émotions, le territoire et le vivant.

Une déclinaison professionnelle qui sort des formats habituels

La séquence du 27 mars consacrée aux professionnels mérite également l’attention. Elle ne se limite pas à un colloque technique. Elle interroge les modèles d’organisation, les stratégies d’entreprise et de collectivité, les logiques de responsabilité, la place du vivant, les risques systémiques et les réponses à inventer face aux polycrises.

Dans un contexte où de nombreux acteurs économiques et institutionnels n’ont pas encore intégré pleinement les implications des changements en cours, cette matinée offre un cadre rare pour penser ensemble.

La présence de temps d’intelligence collective et la volonté de produire un plaidoyer commun donnent une dimension opérationnelle à la rencontre. Cela renforce son intérêt pour la Martinique, où la montée en compétence collective sur ces sujets devient indispensable.

Une démarche qui assume l’alliance entre science, culture et transmission

L’une des particularités les plus intéressantes de la DéKLIk MAtinik est sa capacité à ne pas opposer les registres. La manifestation prend appui sur les travaux scientifiques, notamment ceux du GIEC et les données climatiques portées par Météo-France, mais elle revendique aussi le respect des savoirs ancestraux, de la culture, de l’oralité, du créole, des mémoires et des pratiques populaires.

Cette articulation est précieuse. Elle permet d’éviter une sensibilisation froide ou déconnectée. Elle ancre les enjeux dans le réel martiniquais. Elle rappelle aussi que l’adaptation ne se construira pas uniquement avec des tableaux de données, mais également avec des récits, des symboles, des transmissions, des gestes, des habitudes réinventées et une vision plus juste de ce qui nous relie au vivant.

Des partenaires mobilisés et un ancrage territorial fort

La manifestation repose sur un collectif engagé. Le dossier met en avant le rôle de Stratégie Résilience, de Météo-France, de Ypiranga, de l’Écolieu de Tivoli, de l’Appaloosa, du lycée Bellevue, de LAKOUA, des bénévoles issus notamment de la Fresque du Climat, mais aussi de nombreux partenaires associatifs, pédagogiques et culturels.

Cette mobilisation donne de la crédibilité au projet. Elle montre qu’il ne s’agit pas d’une initiative isolée, mais d’un travail patient de réseau, de coopération et de diffusion.

Martine Lheureux, une énergie décisive au service du territoire

Un nom revient avec constance : celui de Mme Martine Lheureux. Son engagement apparaît comme une véritable colonne vertébrale de la démarche.

Il faut le dire clairement : elle mène un travail formidable. Pas au sens d’une formule convenue, mais parce qu’il est rare de voir une action locale conjuguer avec autant de cohérence la rigueur scientifique, la pédagogie, l’ouverture à des publics variés, le respect des cultures, la capacité à fédérer des partenaires et la volonté de faire émerger une parole citoyenne.

Dans un territoire où les sujets climatiques et écologiques sont parfois abordés de manière fragmentée, Mme Lheureux contribue à bâtir un cadre lisible, exigeant et profondément ancré dans le réel martiniquais. Son travail, avec les équipes engagées à ses côtés, donne à la DéKLIk MAtinik une portée qui dépasse largement l’événementiel.

Une manifestation importante pour la Martinique

La DéKLIk MAtinik 2026 n’est pas un rendez-vous parmi d’autres. Elle touche à des questions de fond qui concernent directement l’avenir du territoire. Elle invite à regarder la Martinique telle qu’elle est, avec ses fragilités, ses ressources, ses savoirs, ses contradictions et ses possibles.

Elle ouvre un espace où se rencontrent la science, les citoyens, les professionnels, les agriculteurs, les enfants, les bénévoles, les artistes et les passeurs de mémoire.

C’est précisément pour cela qu’elle est importante. Parce qu’elle aide à nommer les défis. Parce qu’elle propose des outils pour les comprendre. Parce qu’elle refuse les faux-semblants. Parce qu’elle remet le vivant, l’eau, l’alimentation, la culture et l’adaptation au cœur du débat. Et parce qu’elle rappelle, avec une force rare, que la Martinique doit penser et construire elle-même les chemins de sa résilience.

En mars et en avril 2026, la DéKLIk MAtinik offrira donc bien plus qu’un programme de conférences et d’animations. Elle proposera une manière de se mettre en mouvement, ensemble, pour habiter autrement le territoire et préparer plus lucidement l’avenir.

Philippe PIED

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