
Après plusieurs semaines de dégradation de l’état de la ressource en eau, le préfet de la Martinique vient de prendre une décision forte afin d’éviter une pénurie qui pourrait bien arriver à l’approche du mois de juillet. Cette décision engendre des conséquences sur la consommation en eau et chaque habitant de l’île doit adapter sa consommation afin de faire face à la situation.
Dégradation de la ressource
La Martinique était en vigilance sécheresse depuis début mars 2026. La Mission Interservices de l’Eau et de la Nature (MISEN) a recommandé de monter d’un cran, au niveau 2, en passant en alerte sécheresse. Le préfet a confirmé ce passage en alerte sécheresse en publiant l’arrêté préfectoral – n° R02-2026-05-07-00005 – portant la Martinique en zone d’alerte sécheresse et limitant les usages de l’eau en vue de la préservation de la ressource.
Cette situation s’explique par un manque de pluie et la tendance ne semble pas aller vers une amélioration au moins pour le mois de mai, où la situation de sécheresse se poursuit. Ensuite, un phénomène type El Nino pourrait survenir au mois de juillet 2026. Ainsi, la pluviométrie pourrait ne pas s’améliorer. La situation est visible dans les cours d’eau, qui ne permettraient plus de satisfaire l’ensemble des besoins en eau du territoire, d’après le communiqué de presse de la préfecture du 7 mai 2026. De même, les niveaux d’eau des nappes souterraines seraient largement inférieurs à ce qui est nécessaire.
Quelques perturbations dans la distribution d’eau potable depuis quelques jours ont amené le préfet à prendre des mesures concrètes.

Les bons gestes
Placer la Martinique en alerte sécheresse doit permettre de :
- de préserver les ressources en eau en priorité pour la santé, l’alimentation en eau potable, et la lutte contre les incendies
- de maintenir les habitats naturels : un débit minimal est indispensable pour que ces habitats restent fonctionnels, que l’oxygène ne chute pas et que les espèces sensibles puissent survivre
- de réduire la pollution: moins de débit signifie moins de dilution des polluants. En limitant certains usages agricoles ou domestiques, on réduit également la quantité de polluants atteignant la faune et la flore aquatiques.
Concrètement, cette nouvelle annonce du préfet engendre automatiquement des restrictions pour les usagers visant à préserver la ressource en prévision d’une période de forte sécheresse :
- l’arrosage des pelouses, des jardins d’agrément, des espaces verts publics et privés, ainsi que des espaces sportifs et récréatifs est interdit de 8h à 20h
- le lavage des véhicules et des bateaux est interdit hors des aires de lavages professionnelles et équipées de dispositifs haute pression économes en eau, exceptés les véhicules ayant une obligation réglementaire sanitaire, alimentaire ou technique tels les bétonnières
- la vidange et remplissage des piscines privées sont interdits pour les piscines de plus de 1m3, sauf remise à niveau nécessaire au traitement de l’eau et premier remplissage si le chantier a débuté avant les premières restrictions
- la vidange des réservoirs d’eau potable est interdite sauf nécessité justifiée par des raisons sanitaires
- l’alimentation des fontaines publiques en circuit ouvert est interdite, dans la mesure où cela est techniquement possible
Afin d’améliorer la situation de la ressource et d’éviter les fuites d’eau, les habitants, les entreprises et tous les acteurs du territoire doivent se mobiliser. Il est possible d’en apprendre davantage en consultant le site VigiEau : https://vigieau.gouv.fr
Source : https://www.martinique.gouv.fr/Actualites/Secheresse-2026-la-Martinique-passe-en-alerte



