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« Madin’friches » : Cartographie ses friches pour préparer les transformations du territoire

En Martinique, certains terrains laissés à l’abandon pourraient bientôt jouer un rôle clé dans l’évolution du territoire. Derrière les clôtures rouillées, les bâtiments désertés ou les parcelles envahies par la végétation, les institutions commencent désormais à voir un potentiel stratégique pour répondre à plusieurs défis majeurs : logement, alimentation locale, énergie ou encore adaptation au changement climatique.

Présenté par l’Établissement Public Foncier local (EPFL), la DEAL Martinique et l’ADEME, le 25 novrembre 2025, l’observatoire « Madin’friches » s’impose progressivement comme un nouvel outil stratégique pour mieux identifier et reconvertir les terrains délaissés du territoire. Plus de 630 friches, bâties ou non, y sont déjà recensées et géolocalisées.

Mais derrière ce simple inventaire foncier se cache en réalité une réflexion beaucoup plus large sur l’aménagement futur de l’île.

Un enjeu majeur dans un territoire où chaque terrain compte

La Martinique fait face depuis plusieurs années à une forte pression foncière. Entre urbanisation, infrastructures, protection des espaces naturels, agriculture et risques naturels, les terrains disponibles deviennent de plus en plus rares.

Dans ce contexte, les friches représentent une réserve foncière précieuse. Certaines correspondent à d’anciens sites agricoles ou industriels. D’autres accueillent encore des bâtiments vacants ou des espaces inutilisés depuis des années.

L’observatoire Madin’friches permet désormais de mieux connaître ces terrains en précisant notamment :

  • leur superficie,
  • leur localisation,
  • la présence éventuelle de bâtiments,
  • leur zonage dans les documents d’urbanisme,
  • ainsi que leur usage actuel.

L’objectif est d’identifier les espaces qui pourraient être reconvertis plutôt que de poursuivre l’étalement urbain sur des zones naturelles ou agricoles.

Le changement climatique au cœur des réflexions

Le sujet devient encore plus stratégique lorsqu’il est relié aux enjeux climatiques.

Dans le document publié par l’ADEME Outre-mer, les institutions évoquent directement la possibilité de relocaliser certaines activités ou habitations menacées par l’érosion côtière.

Autrement dit, certains secteurs du littoral pourraient devenir plus vulnérables dans les prochaines décennies, obligeant progressivement les collectivités à réfléchir à de nouveaux espaces d’implantation.

Dans ce contexte, certaines friches pourraient demain accueillir :

  • des projets de relocalisation,
  • de nouveaux équipements,
  • des activités économiques,
  • voire des logements adaptés aux nouvelles contraintes climatiques.

Cette réflexion reste encore émergente, mais elle montre déjà comment la question foncière devient un enjeu central d’adaptation et de résilience pour la Martinique.

Agriculture locale et autonomie énergétique : plusieurs pistes envisagées

Le foncier ne concerne pas uniquement le logement ou l’urbanisme.

Le document souligne également que ces terrains pourraient contribuer à renforcer la production alimentaire locale et soutenir l’autonomie énergétique de l’île.

Certaines friches pourraient ainsi accueillir :

  • des projets agricoles,
  • des fermes urbaines,
  • des équipements liés aux énergies renouvelables,
  • ou encore des initiatives d’économie circulaire.

Dans une Martinique fortement dépendante des importations, ces espaces pourraient devenir des leviers importants pour développer des activités plus locales et plus résilientes.

Une question encore peu visible dans le débat public

Le sujet des friches reste encore relativement discret dans le débat public martiniquais. Pourtant, il touche directement à plusieurs enjeux du quotidien le logement, l’aménagement du territoire, l’environnement, l’alimentation, ou encore la montée des eaux.

Avec Madin’friches, les collectivités disposent désormais d’un premier outil pour mieux visualiser ces espaces et envisager leur futur usage.

Reste maintenant à savoir comment ces terrains pourront être mobilisés, financés et transformés dans les années à venir. Car ces espaces pourraient demain accueillir une partie des réponses aux défis climatiques, alimentaires et territoriaux de l’île.

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