Biodiversité / Tourisme

Martinique : 78 % des colonies coralliennes perdues sur 12 stations suivies entre 2023 et 2025

Les récifs coralliens de Martinique ont subi un choc majeur en moins de deux ans. Entre octobre 2023 et février 2025, une perte estimée à 78 % des colonies coralliennes a été observée sur les 12 stations suivies autour de l’île, selon le bilan publié en mars 2026 par l’IFRECOR.

Ce recul intervient après deux épisodes consécutifs de blanchissement, en 2023 puis en 2024, provoqués par deux canicules marines intenses. Le second phénomène a été plus intense à l’échelle des Antilles, avec des températures de surface plus élevées et une durée proche de quatre mois.


En 2023, 84 % des colonies touchées

Le premier épisode a frappé une grande partie des colonies observées en Martinique. En 2023, 84 % d’entre elles ont été affectées par le blanchissement. Le suivi réalisé en février 2024 a ensuite fait apparaître une mortalité de 34 % de la couverture corallienne.

Certaines espèces ont payé un tribut particulièrement lourd. Acropora palmata, Agaricia humilis et Porites porites ont enregistré des mortalités proches de 90 % des colonies.

Ces résultats proviennent des suivis conduits entre 2023 et 2025 par le bureau d’études Impact Mer pour l’ODE Martinique, la DEAL Martinique et le Parc naturel marin de Martinique. Douze stations ont été étudiées, dont onze intégrées au réseau de la Directive-cadre sur l’eau.

En 2024, un second choc avant toute véritable récupération

L’année suivante, les récifs martiniquais ont été confrontés à un nouveau phénomène de blanchissement. Cette fois, 72 % des colonies coralliennes ont été affectées.

Entre novembre 2024 et février 2025, une mortalité de 33 % des colonies a été relevée. Plusieurs espèces sensibles ont de nouveau subi des pertes extrêmes : environ 90 % de mortalité pour Acropora palmata, Porites porites et Madracis auretenra.

Toutes les espèces n’ont cependant pas réagi de la même manière. Le rapport relève une moindre sensibilité, par rapport à l’épisode de 2023, chez Montastraea cavernosa, Orbicella annularis et Orbicella faveolata. Cette différence suggère une résistance variable face au stress thermique.

Une perte estimée à 78 % sur les 12 stations suivies

L’accumulation des deux épisodes se traduit par un bilan particulièrement sévère. Entre octobre 2023 et février 2025, 78 % des colonies coralliennes ont été perdues sur les 12 stations suivies autour de la Martinique.

Ce résultat ne doit pas être extrapolé mécaniquement à l’ensemble des récifs de l’île : il correspond au périmètre précis des stations étudiées. Il donne néanmoins la mesure de la dégradation observée sur les sites suivis pendant cette période.

Les données de plus long terme vont dans le même sens. Sur cinq stations du réseau GCRMN, le recouvrement corallien moyen a diminué de 61 % entre 2019 et 2025. En 2025, les peuplements algaux dominent les communautés benthiques et trois de ces cinq stations présentent une couverture corallienne inférieure à 5,5 %.

Le rapport relie cette trajectoire à plusieurs pressions successives. Avant les deux épisodes de blanchissement, les récifs avaient déjà été affectés par des maladies coralliennes, notamment la SCTLD entre 2019 et 2023. Les canicules marines de 2023 et 2024 se sont donc inscrites dans un contexte de fragilisation déjà engagé.

Le bilan 2023-2025 documente ainsi les effets cumulés de deux blanchissements successifs sur les communautés coralliennes martiniquaises. Au-delà du nombre de colonies perdues, une autre évolution se dessine désormais : la composition même des récifs est en train de changer.


Consultez ici le rapport : https://ifrecor.fr/blanchissements-aux-antilles-francaises-sur-la-periode-2023-2025/

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