
Cartographier les zones exposées, actualiser les plans de prévention, mieux informer les habitants et renforcer la surveillance : en Martinique, plusieurs outils de prévention des risques naturels sont en cours d’évolution. Les actions recensées par la DEAL en 2025 montrent notamment l’avancement du chantier de révision des PPRN multirisques, tandis que de prochaines étapes se dessinent autour des inondations, des ouvrages hydrauliques et du suivi hydrométrique. Ce bilan décrit les démarches conduites, coordonnées ou accompagnées par les services de l’État. Il ne permet pas, à lui seul, de mesurer l’évolution globale de la résilience du territoire face aux catastrophes naturelles.
Les 34 PPRN multirisques engagés dans un processus de révision
La prévention commence notamment par une connaissance actualisée des zones exposées. En 2025, la révision des 34 plans de prévention des risques naturels multirisques (PPRN) figurait parmi les principaux chantiers suivis par la DEAL.
Ces documents occupent une place importante dans la prise en compte des risques à l’échelle locale. Ils permettent de cartographier les zones exposées et d’encadrer les conditions d’occupation et d’utilisation des sols en fonction des aléas identifiés.
Le rapport fait état d’un travail engagé avec les collectivités. Des réunions ont été organisées avec 33 communes, tandis que 10 communes ont été sensibilisées au processus de révision. Quatre réunions d’information ont également été conduites en sous-préfecture.
D’autres actions ont accompagné cette démarche, parmi lesquelles la tenue d’une commission territoriale des risques naturels majeurs et la diffusion d’une lettre d’information consacrée à la révision.
Ces éléments témoignent d’un processus en cours. Ils ne signifient pas que les 34 PPRN sont déjà révisés ou que les nouvelles dispositions produisent déjà leurs effets sur l’ensemble du territoire.
Derrière les cartes, des choix d’aménagement
La révision d’un plan de prévention ne se limite pas à mettre à jour une carte. Les enjeux peuvent toucher directement la manière dont un territoire envisage son développement futur.
En identifiant les zones exposées et en encadrant certains usages du sol, les PPRN participent à l’articulation entre prévention et aménagement. Ils peuvent ainsi peser sur les conditions dans lesquelles de futurs projets sont envisagés dans les secteurs concernés.
Pour la Martinique, cette question prend une dimension particulière. Le territoire est confronté à plusieurs aléas naturels, tandis que les contraintes foncières imposent déjà des arbitrages complexes entre habitat, équipements, activités économiques et préservation des espaces.
L’enjeu ne consiste donc pas seulement à améliorer la connaissance des risques. Il s’agit aussi de faire entrer cette connaissance dans les décisions qui engagent le territoire sur plusieurs années.
Le rapport d’activité ne permet toutefois pas de détailler les conséquences futures de la révision commune par commune. Celles-ci dépendront de l’avancement des procédures et des documents finalement adoptés.
Plus de 4 000 personnes sensibilisées en 2025
La prévention passe également par l’information du public. Le rapport recense 4 025 personnes sensibilisées en 2025 dans le cadre d’actions coordonnées par la DEAL.
Les interventions ont été menées lors de plusieurs événements, notamment le Tour des Yoles, la Journée nationale de la résilience, le Village Réplik au Carbet, la Journée du logement ou encore une foire agricole à Rivière-Pilote. Des actions ponctuelles ont également été conduites dans des établissements scolaires.
Cette diversité des lieux vise à porter l’information sur les risques au-delà des seuls dispositifs institutionnels. Le chiffre mesure toutefois la portée des actions recensées, et non le niveau réel de préparation des personnes touchées.
Une information pensée aussi pour les publics vulnérables
L’un des aspects les plus intéressants du bilan concerne l’accessibilité des messages de prévention.
La DEAL indique avoir porté une attention particulière aux personnes vulnérables, avec le développement de supports adaptés. Le rapport mentionne notamment des vidéos surtitrées et en langue des signes, ainsi que des plaquettes conçues en langage « facile à lire et à comprendre ».
Des actions ont également été menées dans des EHPAD, des hôpitaux et des foyers.
Cette dimension est importante car l’efficacité d’un message d’alerte ou de prévention dépend aussi de sa capacité à être compris. Les besoins ne sont pas identiques selon l’âge, le handicap, le niveau d’autonomie ou les conditions dans lesquelles une personne reçoit l’information.
Dans cette perspective, la culture du risque ne se résume pas à multiplier les campagnes. Elle suppose aussi d’adapter les formats et les canaux aux différents publics.
Le rapport met ainsi en lumière une dimension parfois moins visible de la résilience : l’accès effectif à une information compréhensible avant qu’une crise ne survienne.
Inondations et surveillance hydrométrique parmi les prochains chantiers
Au-delà des actions conduites en 2025, le rapport identifie plusieurs perspectives pour la suite.
Parmi elles figure la montée en puissance du contrôle des ouvrages hydrauliques. La DEAL prévoit également de poursuivre la modernisation des stations de surveillance hydrométrique, utilisées pour suivre l’évolution des niveaux et des débits des cours d’eau.
Le document annonce aussi l’engagement de la révision du plan de gestion des risques d’inondation (PGRI) de la Martinique.
Ces différents chantiers ne relèvent pas exactement du même registre. Le suivi hydrométrique contribue à la connaissance des cours d’eau. Le contrôle des ouvrages hydrauliques répond à des enjeux de sécurité. Le PGRI constitue, quant à lui, un cadre de planification pour la gestion du risque d’inondation.
Leur présence dans les perspectives du rapport montre néanmoins que la prévention repose sur plusieurs niveaux complémentaires : observer, contrôler, planifier et préparer.
À ce stade, il convient de parler de chantiers à venir. Le rapport ne permet pas de les présenter comme déjà achevés ni d’en mesurer les futurs effets sur la réduction des vulnérabilités.
De la multiplication des outils à leur efficacité réelle
Les actions recensées en 2025 dessinent une prévention organisée sur plusieurs fronts. Les PPRN agissent sur la connaissance et l’encadrement territorial. Les campagnes de sensibilisation visent à diffuser une culture du risque.
Les supports inclusifs cherchent à rendre cette information accessible à davantage de publics. La surveillance hydrométrique et le futur travail sur le PGRI concernent d’autres dimensions de l’anticipation.
Cette complémentarité est importante. Mais elle pose aussi la question du passage des dispositifs à leurs effets concrets.
Le rapport d’activité de la DEAL permet de mesurer des actions engagées, des personnes sensibilisées, des réunions organisées ou des perspectives identifiées. Il ne permet pas, à lui seul, d’établir que la population martiniquaise est globalement mieux préparée qu’auparavant ou que la vulnérabilité du territoire a déjà diminué.
C’est précisément là que se situe l’enjeu pour les prochaines années : vérifier comment l’actualisation des plans, l’amélioration de l’information et la modernisation des outils de surveillance se traduisent dans la préparation effective du territoire.

You can view it here le rapport d’activité 2025 de la DEAL Martinique



