Economie Circulaire et Sociale

Insertion par l’activité économique en Martinique : 86 structures, 3400 salariés

La DEETS et l’Agefma ont publié fin avril 2026 leur étude annuelle sur l’insertion par l’activité économique en Martinique. Le constat : 86 structures agréées et plus de 3400 salariés. Un quart d’entre eux n’ont aucun diplôme. Ces chiffres révèlent les fragilités sociales que le dispositif tente de combler. Tout cela se joue dans un contexte budgétaire national incertain.

86 structures d’insertion : un dispositif sous pression

En 2024, la Martinique compte 86 structures d’insertion par l’activité économique. La plupart possèdent un statut associatif. Elles emploient plus de 3400 salariés en parcours d’insertion.

Ces effectifs sont composés principalement d’hommes âgés de 26 à 49 ans. La DEETS et l’Agefma ont publié ces données le 30 avril 2026. Ces chiffres montrent un dispositif davantage sollicité que jamais.

En effet, le contexte économique local reste particulièrement difficile. Le taux de chômage progresse d’un point en Martinique en 2024. Il atteint désormais 12 % de la population active. Ce niveau dépasse de 5 points celui de la France métropolitaine.

Le chômage des jeunes : un enjeu majeur de l’insertion

Par ailleurs, les jeunes de 15 à 29 ans subissent un chômage accru. Leur taux bondit à 29 % en 2024. C’est une hausse de 5 points sur un an.

En clair, l’insertion par l’activité économique absorbe une part du public que le marché ordinaire rejette. Le dispositif joue ainsi un rôle d’amortisseur social indispensable.

Un quart sans diplôme : révélateur d’une fracture structurelle

Illustration : IAE en Martinique : 86 structures, 3400 salariés sous tension

Un salarié en insertion sur quatre ne possède aucun diplôme. Ce chiffre n’étonne pas en Martinique. L’illettrisme touche de manière disproportionnée les personnes au chômage de longue durée.

Les catégories sociales les plus fragilisées sont particulièrement affectées. De plus, l’insertion par l’activité économique ne se contente pas d’ouvrir un accès à l’emploi. Elle construit pour ces publics une passerelle vers les savoirs fondamentaux.

Ainsi, les personnes peu ou pas diplômées restent nettement plus exposées au chômage. Elles connaissent un taux de 15 %. C’est le double de celui des diplômés de l’enseignement supérieur.

Quatre catégories de structures agréées en Martinique

Cet écart persistant justifie l’existence de quatre catégories. La DEETS en Martinique finance et agrée ces formes d’insertion.

D’abord, les Ateliers et Chantiers d’Insertion – ACI. Ensuite, les Entreprises d’Insertion – EI. Puis, les Associations Intermédiaires – AI. Enfin, les Entreprises de Travail Temporaire d’Insertion – ETTI.

Chaque catégorie répond à des besoins et des publics spécifiques. Elles constituent ensemble le socle du dispositif IAE en Martinique.

Une répartition territoriale contrastée entre les bassins de vie

Cependant, la répartition des structures demeure inégale entre les EPCI. Certains bassins de vie disposent d’une offre d’insertion dense. D’autres restent sous-couverts.

Cette fracture territoriale constitue une vulnérabilité supplémentaire. Les personnes les plus éloignées de l’emploi ne vivent pas toujours là où les portes s’ouvrent. L’accès géographique au dispositif reste donc un défi majeur.

Des aides au poste menacées à l’échelle nationale

C’est au niveau national que se joue une part décisive du secteur. Les crédits dédiés à l’insertion par l’activité économique s’annoncent en recul pour 2026.

La baisse est qualifiée de sans précédent par le secteur. Les autorisations d’engagement reculent significativement. Or, ces aides constituent le socle économique des structures.

Sans elles, plusieurs structures d’insertion ne pourraient pas maintenir leur volume de contrats. La DEETS Martinique suit ce dossier de près.

Dans ce contexte, la Collectivité Territoriale de Martinique co-finance elle-même certains dispositifs d’accompagnement social. Cette contribution locale demeure essentielle.

Quelles perspectives pour les salariés en parcours d’insertion ?

Au-delà des équilibres budgétaires, la question des sorties positives mobilise les acteurs. L’objectif d’une structure n’est pas de garder ses salariés indéfiniment.

Il s’agit plutôt de les préparer à intégrer durablement le marché ordinaire. Cependant, dans une économie martiniquaise qui peine à créer suffisamment d’emplois pérennes, le risque persiste.

Le risque de sortie vers le chômage demeure en effet élevé. C’est pourquoi l’Agefma insiste sur le renforcement des passerelles. La montée en compétences des salariés en insertion doit s’articuler avec les besoins réels des secteurs porteurs.

Le BTP figure au premier plan. Il en va de même pour l’entretien des espaces verts, les services à la personne et l’économie circulaire. Finalement, l’insertion par l’activité économique n’est efficace que si elle débouche sur une réalité économique solide. Le bout du tunnel doit mener à un emploi durable.

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page
1 / ?