
Art et biodiversité en Martinique : le projet Ex(s)istere
Et si une silhouette de plante dessinée au sol pouvait changer notre regard sur la nature ? C’est le pari du projet national Ex(s)istere. Porté par le réseau des Conservatoires botaniques nationaux, cette initiative artistique lie culture et écologie. Du 12 mai au 12 juin 2026, elle fera étape en Martinique. Le lieu : Tropiques Atrium à Fort-de-France.
Un projet qui valorise la transition écologique
Sur notre territoire, la transition écologique passe aussi par une meilleure connaissance du vivant. On parle souvent climat, énergie, déchets ou mobilité. Plus rarement des plantes sauvages, pourtant essentielles à l’équilibre des écosystèmes.
Ces plantes construisent aussi les paysages et la mémoire des lieux. De plus, elles renforcent la résilience des territoires insulaires. C’est précisément ce que rappelle Ex(s)istere.
Comment fonctionne le projet Ex(s)istere
Le principe est à la fois simple et puissant. Dans plusieurs villes de France et d’Outre-mer, des œuvres botaniques seront exposées au public. Dessins, textes poétiques et médiation scientifique mettront en lumière quatorze plantes choisies par les Conservatoires.
Ensuite, à partir de ces lieux d’exposition, des silhouettes végétales apparaîtront dans l’espace public. Comment ? Grâce à des pochoirs réalisés avec une peinture éphémère. Cette peinture respecte l’environnement.

Des empreintes éphémères, un message fort
Ces empreintes végétales ne sont pas faites pour durer. La pluie, le passage des piétons et le temps les effaceront peu à peu. Cette disparition est volontairement symbolique.
Pourquoi ? Elle rappelle celle, bien réelle, de nombreuses espèces fragilisées par l’urbanisation. Les changements d’usage, les pollutions et le dérèglement climatique menacent aussi la faune et la flore.
L’enjeu particulier de la biodiversité martiniquaise
En Martinique, cette démarche prend une résonance particulière. Notre île abrite une biodiversité remarquable, mais aussi vulnérable. Forêts, mangroves, littoraux, mornes, zones humides et jardins créoles forment un patrimoine naturel précieux.
Cependant, beaucoup d’espèces restent méconnues du grand public. En rendant visible le végétal dans la ville et dans les lieux culturels, Ex(s)istere remet la nature au centre de notre quotidien.
Des plantes emblématiques des Antilles
Le projet valorise notamment des plantes issues des territoires ultramarins. Le balizyé est emblématique des paysages tropicaux. Le courbaril, arbre patrimonial, possède de multiples usages.
À travers elles, c’est aussi la richesse écologique et culturelle de la Martinique qui se raconte. De plus, cela sensibilise les habitants à leurs ressources locales.
Imaginer un territoire plus durable
Cette initiative rejoint pleinement l’esprit de Martinique 2050 : imaginer un territoire plus durable. Ce territoire sera plus conscient de ses ressources. Il sera aussi plus attentif aux équilibres du vivant.
Car préparer l’avenir ne consiste pas seulement à construire autrement. C’est aussi apprendre à voir ce qui existe déjà. Ensuite, il faut le comprendre, le respecter et le transmettre.
Des animations et ateliers pour les familles
Durant toute la période, la Belle Saison des Conservatoires botaniques proposera de nombreuses animations. Ateliers, balades, rencontres et temps pédagogiques seront au programme.
Autant d’occasions pour les familles, les jeunes et les scolaires de redécouvrir la nature martiniquaise. Ces événements favorisent la compréhension des grands enjeux de préservation.
Conclusion : chaque plante compte
En 2050, les territoires les plus solides seront sans doute ceux ayant su protéger leur biodiversité autant que leurs infrastructures. Ex(s)istere nous le rappelle avec finesse. Chaque plante compte, même lorsqu’on ne la remarque pas.
Philippe Pied



