
« La transition écologique n’a de sens que si elle quitte les documents pour devenir visible dans la vie quotidienne. »
Ce matin, à l’hôtel de la CTM à Cluny, le préfet Étienne Desplanques et les représentants de la CTM, M.M Ventadour et René-Corail, ont présenté et signé la feuille de route de la planification écologique pour la Martinique.
L’enjeu est clair : donner au territoire un cadre commun pour agir d’ici 2030 sur l’eau, l’énergie, les déchets, les mobilités, l’alimentation et l’adaptation au changement climatique. 
Une signature qui dépasse le symbole
Cette rencontre vient concrétiser un travail engagé depuis 2023 dans le cadre de la COP territoriale, avec la participation des services de l’État, de la CTM, des collectivités, d’acteurs économiques, d’associations et de citoyens. La consultation publique a recueilli plus de 900 contributions, signe d’une volonté d’ancrer la démarche dans les réalités du territoire.
Un territoire fragile, mais riche de ses atouts
La feuille de route part d’un constat sans détour. La Martinique reste très dépendante des importations, notamment pour l’énergie, avec plus de 75 % de l’électricité encore produite à partir de sources fossiles importées. L’eau, les déchets, les déplacements et la pression climatique figurent parmi les points de tension majeurs.
Dans le même temps, le document rappelle la richesse exceptionnelle du territoire. La Martinique est présentée comme l’un des hotspots mondiaux de biodiversité, avec plus de 1 500 espèces endémiques, près de 46 % du territoire couvert par les forêts et un espace marin de 45 000 km². Cette richesse naturelle est un atout, mais aussi une responsabilité.
« En Martinique, protéger l’environnement ne relève pas d’un supplément d’âme, mais d’une nécessité économique, sociale et territoriale. »
229 actions pour passer du constat à l’action
Le cœur du document repose sur le plan « Mieux Agir », décliné autour de grands axes : mieux se déplacer, mieux préserver, mieux produire, mieux se nourrir, s’adapter au changement climatique, et accompagner la transition par la formation, les données, la coopération et les financements.
Au total, 229 actions sont recensées pour un coût estimé à environ 320 millions d’euros. Parmi elles, 74 sont considérées comme prioritaires. Le message porté ce matin est simple : il ne s’agit plus seulement de dresser des diagnostics, mais d’installer une méthode de travail, avec des porteurs identifiés et un suivi dans la durée.

Mobilités, eau, déchets, énergie, les urgences martiniquaises
Parmi les priorités, la question des déplacements revient fortement. La feuille de route insiste sur la nécessité de réduire la place de la voiture individuelle, de renforcer les transports en commun, y compris maritimes, et de mieux organiser l’intermodalité.
L’eau, l’assainissement, la biodiversité et les déchets occupent aussi une place centrale. Le document appelle à sécuriser l’eau potable, améliorer les réseaux, restaurer les habitats naturels, mieux gérer les espèces envahissantes et accélérer la valorisation des déchets. Il met également l’accent sur le développement des énergies renouvelables et sur la nécessité de rendre les dispositifs de soutien plus lisibles.
Une transition qui doit être partagée
La feuille de route insiste aussi sur la formation, la sensibilisation et l’implication des citoyens. Elle rappelle que la transition écologique ne pourra pas reposer uniquement sur les institutions. Elle suppose aussi des entreprises engagées, des compétences nouvelles, des élus mobilisés et une population mieux informée. La consultation citoyenne, qui a réuni 940 participants, a d’ailleurs montré une forte adhésion sur des sujets comme l’alimentation durable, le climat et la biodiversité.
« La réussite de cette feuille de route se jouera moins dans la signature que dans la capacité collective à tenir le cap. »
Un cap fixé jusqu’en 2030
Au terme de cette conférence de presse, une chose apparaît nettement : l’État et la CTM ont choisi de formaliser un cadre commun pour la transition écologique martiniquaise. La signature de ce matin ouvre désormais une nouvelle phase, celle du pilotage, de la coordination et des résultats. Le document prévoit d’ailleurs un suivi dans les gouvernances existantes et une valorisation régulière des avancées.
Philippe PIED
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