
Du 28 au 30 septembre, Cancún, au Mexique, accueille les Sargassum Cooperation Days. Décideurs publics, scientifiques, entreprises et organisations internationales de la Caraïbe, Martinique comprise, y comparent leurs méthodes pour anticiper les échouements, collecter les algues, les valoriser et limiter leurs effets sur les écosystèmes.
Trois programmes derrière la rencontre
Les journées réunissent plusieurs initiatives régionales. SARG’COOP II, programme INTERREG Caraïbes piloté par la Région Guadeloupe, organise la coopération autour de six axes : gouvernance, réseau, collecte et valorisation, observation, impacts et biodiversité, plaidoyer.
SARSEA, financé par l’Agence française de développement (AFD) et mis en œuvre par Expertise France, vise à atténuer les effets des sargasses sur les écosystèmes côtiers et les économies locales, et à renforcer les capacités de gestion des territoires. CARIBS, lancé par le Fonds Équipe France, mise sur la surveillance par satellite, la valorisation industrielle des algues et l’éducation des citoyens. Son lancement officiel est prévu le 29 septembre.
Autour de la table : la Martinique, la Guadeloupe, Saint-Martin, le Mexique, Cuba, la République dominicaine et d’autres partenaires caribéens.
Du terrain mexicain à la gouvernance régionale
Le programme s’ouvre les 28 et 29 septembre par une visite de terrain dans l’État du Quintana Roo, pour observer des modèles mexicains de collecte et de valorisation qui pourraient être adaptés ailleurs dans la Caraïbe. Le 29, un atelier technique porte sur le stockage sécurisé des sargasses et sur les normes sanitaires et environnementales.
Les 29 et 30 septembre, un laboratoire de gouvernance régionale, le « Regional Sargassum Governance Policy Lab », réunit une cinquantaine de représentants d’États, de territoires, d’organisations régionales, de scientifiques et de partenaires internationaux. À partir des difficultés et des besoins exprimés par chaque territoire, ils doivent dégager des priorités et des actions communes.
Ces journées précèdent la quatrième conférence Global Gateway entre l’Union européenne et la Caraïbe, les 1er et 2 octobre.
Anticiper, protéger, prévenir
Trois projets déjà engagés y sont présentés. Le premier, porté par CLS, société spécialisée dans l’observation de la Terre depuis 1986, déploie un service de surveillance et de prévision des nappes de sargasses par satellite, pour aider les territoires à préparer leurs interventions avant l’arrivée des algues. CLS a développé depuis 2018 le SAMTool, un outil de suivi des échouements.
Le deuxième, SABER, conduit par Sorbonne Université dans le cadre de SARSEA, mesure l’efficacité des barrages anti-sargasses en Martinique et en Guadeloupe, et leurs effets sur les écosystèmes côtiers.
Le troisième vient du Mexique. L’Universidad Autónoma de Yucatán y étudie les risques liés à la décomposition des algues, notamment les émissions de gaz, et construit des outils d’aide à la décision.
Ce que la Martinique en attend
Les sargasses touchent les côtes martiniquaises de façon récurrente et en grande quantité, avec des conséquences sur le tourisme, la pêche et la santé publique, rappellent les organisateurs. Pour l’île, ces échanges doivent ouvrir l’accès à des techniques de collecte en mer et de valorisation, et permettre de partager avec d’autres îles le coût des recherches.
La Martinique y est représentée par plusieurs spécialistes qui suivent le dossier depuis des années.
Philippe Pied



